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Brittany Ferries supprime deux lignes et vend deux navires pour réduire ses coûts
Bretagne # Transport-logistique

Brittany Ferries supprime deux lignes et vend deux navires pour réduire ses coûts

Brittany Ferries engage une réorganisation importante de son réseau à partir de l’automne 2026. La compagnie va supprimer les liaisons Portsmouth-Le Havre et Poole-Cherbourg et céder deux ferries, le Barfleur et le Cotentin. Une consolidation destinée à concentrer les moyens sur les lignes les plus solides, alors que le groupe fait face à un trafic toujours inférieur à celui de 2019, au remboursement de sa dette Covid et à une facture carbone qui pourrait atteindre 27 millions d’euros en 2026.

— Photo : Brittany Ferries

Brittany Ferries engage une réorganisation importante de son réseau à partir de l’automne 2026. La compagnie va supprimer les liaisons Portsmouth-Le Havre et Poole-Cherbourg et céder deux ferries, le Barfleur et le Cotentin. Une consolidation destinée à concentrer les moyens sur les lignes les plus solides, alors que le groupe fait face à un trafic toujours inférieur à celui de 2019, au remboursement de sa dette Covid et à une facture carbone qui pourrait atteindre 27 millions d’euros en 2026.

La compagnie maritime bretonne Brittany Ferries resserre son réseau pour préserver sa rentabilité. À partir de l'automne 2026, deux liaisons transmanche seront supprimées et deux navires sortiront de la flotte.

La première liaison concernée est Portsmouth-Le Havre, dont l'exploitation doit prendre fin en octobre. La traversée quotidienne, exploitée sous sa forme actuelle depuis 2014, ne parvient plus à atteindre son équilibre économique. En novembre, Brittany Ferries supprimera également la liaison Poole-Cherbourg.

Cherbourg conservera toutefois une desserte quotidienne vers l'Angleterre grâce à la mise en place d'une liaison avec Portsmouth. La ligne Cherbourg-Rosslare, entre la Normandie et l'Irlande, sera également maintenue.

Deux navires mis en vente

Cette restructuration s'accompagne de la cession de deux ferries. Le Barfleur, mis en service en 1992 et principalement exploité entre Poole et Cherbourg, sera vendu, tout comme le Cotentin, construit en 2007 et actuellement affecté à Cherbourg-Rosslare.

Brittany Ferries cherche ainsi à réduire ses dépenses d'exploitation et à concentrer ses capacités sur les lignes présentant les perspectives économiques les plus solides.

Cette rationalisation intervient après un important renouvellement de flotte. La compagnie a accueilli cinq nouveaux ferries au cours des cinq dernières années. Deux navires hybrides, le Saint-Malo et le Guillaume de Normandie, sont notamment entrés en service en 2025 avec une combinaison de GNL, batteries électriques et systèmes de gestion énergétique.

Un chiffre d'affaires de 615 millions d'euros en 2025

L'enjeu est important pour un groupe qui a réalisé 615,02 millions d'euros de chiffre d'affaires consolidé en 2025, en intégrant Condor Ferries. Brittany Ferries a transporté sur l'exercice 2024-2025 près de 2,43 millions de passagers, 882 000 véhicules de tourisme et 194 000 véhicules de fret.

Le groupe exploite actuellement 13 navires sur son réseau principal et compte 2 679 salariés en équivalent temps plein, dont 1 780 marins et 899 salariés à terre. En haute saison, ses effectifs atteignent plus de 3 000 personnes.

Le trafic reste inférieur à son niveau de 2019

La restructuration intervient toutefois dans un environnement économique dégradé. Le trafic fret demeure environ 20 % inférieur à son niveau de 2019, tandis que le nombre de passagers reste inférieur d'environ 15 % aux niveaux antérieurs au Brexit et à la crise sanitaire.

Les réservations pour la saison 2026 seraient également inférieures de 5 à 6 % aux prévisions budgétaires.

À cette faiblesse de la demande s'ajoute le poids de l'endettement contracté pendant la crise sanitaire. Brittany Ferries a déjà remboursé près de la moitié de son prêt garanti, mais doit encore régler plusieurs dizaines de millions d'euros d'ici 2030.

Une facture carbone de 27 millions d'euros en 2026

Autre pression majeure : le coût de la décarbonation. Avec la montée en puissance du système européen d'échange de quotas d'émission, la compagnie estime que sa facture carbone atteindra environ 27 millions d'euros en 2026.

À terme, l'addition des mécanismes européens et britanniques pourrait représenter près de 40 millions d'euros par an, selon les estimations rapportées par NHU Bretagne.

Brittany Ferries choisit donc de réduire les capacités sur ses dessertes les plus fragiles plutôt que de maintenir l'ensemble de son réseau à perte. La restructuration constitue davantage une consolidation économique qu'un retrait général du marché transmanche.

Fondée à Roscoff au début des années 1970 à l'initiative d'agriculteurs bretons souhaitant accéder directement au marché britannique, Brittany Ferries demeure fortement liée à l'économie régionale. Les actionnaires agricoles détiennent encore 73,21 % de son capital, contre 12 % pour CMA CGM Participations et 10,52 % pour les chambres de commerce et d'industrie bretonnes.

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