Les travaux ont commencé en janvier 2014 sur la zone de Nicopolis à Brignoles. Aujourd'hui, ils touchent à leur fin et la mise en service de la centrale Inova Var Biomasse est prévue pour le premier semestre 2016. Ce projet est porté par la société de projet, Inova Var Biomasse, dont le capital est détenu par le Groupe Altawest (65 %), spécialiste des équipements et services à haute efficacité énergétique et environnementale et la Caisse des dépôts et consignations (35 %).
Un investissement de 90 M€
Implantée sur 5 hectares, la centrale produira 168.000 MWh par an, soit la consommation annuelle de 42.000 foyers varois et contribuera à la sécurisation de l'alimentation électrique du Var. Si la seule production d'électricité suffit aujourd'hui à amortir l'investissement de 90 M€, la vente de vapeur reste d'actualité. « Après trois années d'études, nous n'avons pu que constater qu'aucune entreprise n'était pour l'heure intéressée. Néanmoins, nous avons prévu l'équipement nécessaire à l'installation d'un réseau de chaleur et nous allons lancer un appel d'offres », détaille Didier Savanier, président d'Inova Var Biomasse (IVB). L'objectif est double : pour la Communauté de communes Comté de Provence, cette source d'énergie propre et à bas coût constitue un argument de plus pour attirer des entreprises. Pour IVB, le retour sur investissement serait plus rapide. Sur le front de l'emploi, la centrale permet la création de 20 emplois directs - déjà tous pourvus - et générera 150 emplois indirects en lien avec le transport et le développement des filières liées à l'exploitation des ressources forestières et du bois.
Un projet sélectionné par l'État
La genèse de ce projet remonte au Protocole de Kyoto de 1997, lorsque plusieurs pays, dont la France, ont pris l'engagement de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Au cours de la décennie suivante, et notamment en 2007, le Grenelle de l'environnement prévoit une augmentation de la production d'énergie renouvelable à l'horizon 2020. « Trois ans plus tard, la commission de régulation de l'énergie publie un appel d'offres portant sur des installations de production d'électricité à partir de biomasse. En février 2011, Inova remet son dossier pour un projet de construction d'une centrale électrique à Brignoles ; en décembre la société Inova Var Biomasse est créée ; en février 2012, le permis de construire est déposé, la proposition technique et financière de RTE est signée, la préfecture délivre l'autorisation de construire et exploiter », raconte Didier Savanier. En décembre 2012, la Caisse des dépôts entre au capital d'IVB et, un an plus tard, le bouclage financier du projet est entériné grâce au concours bancaire de la BPI et des Caisses d'Épargne Provence Alpes Corse et Côte d'Azur. IVB acquiert alors le terrain et le chantier est ouvert.
Renouveau de la filière bois
Dans quelques mois, la centrale tournera et offrira un nouvel avenir à la filière bois locale. « Dans un souci de réduction des émissions de carbone, nous nous approvisionnerons en biomasse bois dans un rayon de 100 km maximum et 27 camions circuleront chaque jour, ce qui représente une augmentation de trafic de seulement 0,03 % sur la Nationale 7. Nous prélèverons chaque année 140.000 tonnes de bois forestiers et 40.000 tonnes de déchets bois de classe A », explique Didier Savanier. Et à ceux qui crient à la déforestation, les chiffres parlent d'eux-mêmes : « Notre prélèvement ne représentera que 20 % des ressources forestières mobilisables et moins de 5 % de l'accroissement naturel total. La récolte de 140.000 tonnes de biomasse forestière, avec un prélèvement moyen de 44 tonnes à l'hectare, se traduira par une intervention en forêt sur une surface inférieure à 0,5 % de la surface forestière comprise dans un rayon de 100 km autour de Brignoles. Nous allons jardiner la forêt... C'est indispensable pour l'entretenir, la faire vivre, conserver la biodiversité qu'elle abrite et la protéger ». Reste à structurer une filière fragilisée. Ces 20 dernières années, le manque de débouchés a entraîné la perte de plus de 50 % des emplois selon l'Agreste. « Notre projet va relancer les investissements, permettre la création de 150 emplois indirects, moderniser la filière. Nous avons rejoint l'interpro pour faire la promotion de nouvelles pratiques et mettre à disposition du matériel neuf ».