Aux portes de Rennes, on traque la menace au sein de la DGA –MI (Maîtrise de l’Information), à Bruz (35). Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a fait de ce site militaire le pilier de la cyberdéfense en France, ouvert sur le privé via le pôle d’excellence cyber. En octobre, le ministre breton y posait d’ailleurs la première pierre d'un bâtiment de 10.000 m² de très haute sécurité destiné à accueillir des activités de type « expertise technique » sur des plateformes informatiques à très fortes contraintes de sécurité de défense et de cloisonnement. Un investissement de 30 millions d'euros qui s'inscrit dans le cadre du Pacte de Cyber-défense lancé en février 2014 (lire aussi ici).
50.000 « cyber-emplois » en Bretagne
Ce nouveau bâtiment baptisé Louis-Pouzin, qui sera livré au printemps 2016, doit accueillir 250 nouveaux salariés, de quoi porter à plus de 1.450 le nombre de personnes (deux tiers d’ingénieurs) qui travaillent sur ce site de 100 hectares, qui réalise 60 millions d'euros d'achats par an. En Bretagne, Jean-Yves Le Drian a calculé que 50.000 emplois sont positionnés sur la cyber-sécurité.
« Ce n’est pas ce que l’on voit qui est inquiétant »
Pour Paul-André Pincemin, ingénieur en chef de l’armement et chef de projet de ce pôle Cyber, l’une des préoccupations majeures actuelles est d’identifier les trous dans la raquette de la Toile. « Mais ce n’est pas ce que l’on voit qui est inquiétant », précise-t-il. « Se faire voler des données et s’en rendre compte plus tard est beaucoup plus grave… » L’exemple récent de Sony l’atteste. Tout comme les attaques par « déni de service » (ou DoS, pour Denial of service attack) qui peuvent s’avérer très préjudiciables pour un site d’e-commerce par exemple, à cause de la rupture du service. Les Bretons y veillent... avec à l’esprit la crainte du premier « cyber-mort » en France qui serait dû à un attentat sur un réseau ultra-sensible.