C’est un nouveau venu qui risque de faire parler de lui sur les quais du port de commerce de Brest. Depuis le début de l’année, Brest Atlantic Stevedoring, vient en effet de lancer son activité de manutention portuaire. Une activité hautement stratégique, jusque-là chasse gardée du poids lourd brestois Maritime Kuhn (800 salariés, 150 millions d’euros de CA), qui a récemment fusionné ses deux sociétés UAT et Manuport, et deux GIE, Sobrestocke et Brest Terminal, pour créer l’Agence Maritime Brestoise (AMB).
Guyot environnement et Blue Water Shipping en partenaires stratégiques
En seulement quelques mois d’activité, Brest Atlantic Stevedoring (BAS) a lui aussi su gagner la confiance de deux acteurs de poids. Celle du groupe finistérien Guyot Environnement (540 salariés, 280 M€ de CA) qui lui a confié la manutention des quelque 200 000 tonnes de ferrailles qu’elle collecte chaque année. Mais aussi celle du géant mondial Blue Water Shipping (2 700 salariés, 1,3 Md€ de CA), un important commissionnaire de transports de la place brestoise. Il faut dire qu’Erwann Le Chat, qui a créé Brest Atlantic Stevedoring fin 2024, n’est pas exactement un inconnu dans le milieu portuaire de la Cité du Ponant, lui qui affiche plus de 30 ans d’expérience dans le domaine.
800 000 euros de chiffre d’affaires attendus pour son premier exercice
Ancien directeur de l’Union Armoricaine de Transport (UAT), Erwann Le Chat est également responsable, depuis 2023, de l’activité portuaire et export du combustible solide de récupération (CSR) du groupe Guyot Environnement. Un CV qui rassure.
"Ces deux partenariats stratégiques nous permettent de sécuriser l’activité et d’aller séduire des clients qui délaissaient jusque-là Brest par manque de compétitivité sur les prix", estime le dirigeant, qui vise les 800 000 euros de chiffre d’affaires pour son premier exercice. "Nous comptons rapidement dépasser le million d’euros", confie celui qui emploie actuellement cinq dockers dont un chef de quai, et qui prévoit d’ores et déjà de recruter deux à trois personnes supplémentaires pour accompagner la montée en charge de l’activité.
Côté investissements, seules "quelques centaines de milliers d’euros" auront été nécessaires pour lancer l’entreprise, qui attend par ailleurs l’arrivée prochaine de deux chariots élévateurs de 4 et 16 tonnes.
"Rompre la situation de monopole"
"Nous souhaitons apporter une alternative à Brest, rompre la situation de monopole et offrir plus de compétitivité pour répondre aussi bien aux attentes des acteurs historiques du territoire comme aux futurs porteurs de projets", souligne le dirigeant, qui compte rapidement élargir son offre de service.
"Nous sommes particulièrement spécialisés dans le chargement et le déchargement de navires : vrac industriel, containers, colis lourds, etc. Mais nous souhaitons aussi nous développer dans de nouveaux secteurs comme le vrac alimentaire et les énergies marines renouvelables, qui sont deux secteurs porteurs sur le territoire breton", conclut Erwann le Chat.