Chef d'entreprise depuis un an, Yohan Vitré a de quoi se frotter les mains. Au printemps 2016, il reprenait la société d'Yvon Boyer à Luceau, spécialisée dans la taille de pierre et la rénovation de bâtiments anciens. Une entreprise artisanale qui comptait alors sept salariés. Aujourd'hui, ils sont 17. « Dont deux apprentis qui seront intégrés, se réjouit le nouveau dirigeant. C'est une entreprise qui a un bon savoir-faire sur l'ancien mais à l'époque elle avait un problème d'équilibre en terme de marché. Elle perd de l'argent depuis deux ans. » Pour la remettre d'aplomb, Yohan Vitré développe depuis huit mois une activité de travaux neufs qui se révèle payante. « La réalité du marché confirme que l'on a eu raison. Nos commandes dans l'ancien baissent, compensées par le neuf. » Résultat, le chiffre d'affaires de l'entreprise est passé de 690.000 euros à la reprise à 960.000 sur le dernier exercice. La rénovation pesant pour 550.000 euros, un chiffre qui devrait rester à ce niveau dans le futur.
« Nous ne sommes plus des maçons »
Pour parvenir à cet équilibre, le dirigeant mise sur une nouvelle activité de réalisation de sol haut de gamme en béton poli. La matière est travaillée avec une ponceuse équipée de plusieurs disques comportant des diamants. Le béton étant poli jusqu'à obtenir la finition souhaitée. Une technique qui permet à Boyer-Vitré de développer une innovation maison : le béton luminescent. Des cristaux phosphorescents, apportés par un fournisseur extérieur, sont intégrés dans le béton. Absorbant la lumière solaire, ils la restituent la nuit. Ce procédé permet ainsi de créer des logos ou de la signalétique. « C'est une application très technique qui intègre de la chimie. Aujourd'hui, nous ne sommes plus des maçons ! » Fort d'une expérience de 20 ans dans l'industrie des matériaux, Yohan Vitré mise sur cette innovation pour développer son chiffre d'affaires, avec l'objectif de réaliser un volume d'activité de 300.000 euros sur le créneau des sols en béton poli en 2018. Avec une activité bâtiment neuf qui se monterait à 600.000 euros à la même période, le chef d'entreprise espère atteindre un chiffre d'affaires compris entre 1,3 et 1,5 million d'euros sur le prochain exercice et la rentabilité pour l'entreprise. « L'objectif, c'est de gagner de l'argent 24 mois après la reprise. La première année a été dédiée à restructurer l'outil de production et à l'adapter à nos nouveaux marchés du bâtiment neuf et du sol béton. Pour cela, il a fallu identifier les compétences en interne et doter l'entreprise d'une nouvelle culture. » Et investir. Les 120.000 euros prévus sur deux ans ont été injectés en huit mois !