Boulogne : Capécure en quête d'apports

Boulogne : Capécure en quête d'apports

Première criée de France, le port de Boulogne a besoin de trouver de nouveaux apports pour ses entreprises de mareyage. Des pistes sont explorées au Danemark.

À Hanstholm, à la limite entre la mer du Nord et le Skagerak, les chalutiers de l'armement Euronor viennent fréquemment négocier leur pêche. Comme ceux de six autres pays étrangers. La criée affiche sensiblement les mêmes chiffres que celle de Boulogne (80M d'€ pour 36.000 tonnes). Ce port est familier depuis cinq ans du directeur d'Euronor Xavier Leduc qui y apprécie une meilleure souplesse de gestion. «Je peux vendre aux transformateurs et exportateurs locaux, mais aussi, en fonction du marché, rapatrier le poisson à Boulogne en vingt heures (pour un coût de 0,20€ le kg)», explique-t-il. Ce jour-là, «le lieu noir de taille 3 a été vendu à 2,37€. À Boulogne, à la même heure, celui de notre chalutier Halten-Bank s'est négocié 40 centimes moins cher.» Même si le modèle n'est pas transposable, les acteurs de la criée de Boulogne savent qu'il leur est impératif de faire évoluer leurs règles de fonctionnement et d'ouvrir les portes d'une institution monopolisée par les autochtones. «Déjà, affirme Laurent Nicolle, responsable pêche à la CCI Côte d'Opale, nous nous attachons à améliorer l'environnement des apports qui conditionne le bon déroulé du reste de la vente. Profitant de la nouvelle réglementation européenne, nous souhaitons attirer à Boulogne de nouveaux flux et améliorer la transparence des marchés.» Depuis l'an dernier, dans un port où les enchères s'effectuent devant quatre cadrans informatiques dernier cri, les nouvelles halles réfrigérées permettent de rassembler, à la vue de tous, toute la production à vendre. À l'été 2012, celle d'Euronor sera voisine de celle de la flottille artisanale. Reste à passer, à la faveur de ce meilleur dialogue entre vendeurs et acheteurs, des bonnes intentions à l'opérationnel.




Une diversification?

Par ailleurs, l'aquaculture n'est plus un sujet tabou chez les pêcheurs étaplois: ils ont profité de ce déplacement organisé par la Mission Capécure 2020 pour visiter trois fermes d'élevage de truites près d'Holstebro. Se plaçant dans la dynamique lancée par le conseil régional, ils souhaitent en effet se diversifier et développer une aquaculture durable. Bientôt un saumon étaplois?