Philippe Barre, patron atypique : pas de boîte mail, pas de bureau, pas d'ordinateur... et pas (peu) de réseau. Le gérant du Groupe Evolution, qui porte le projet
Darwin, aime trop sa liberté pour se faire enrégimenter dans tout ce qui ressemble de près ou de loin à une association patronale. « Comme dans la fable Le loup et le chien, je n'aime pas trop l'idée d'avoir la trace du collier autour du cou, explique Philippe Barre. Je préfère être un simple contributeur et sympathisant, par exemple chez
Greenpeace, que d'être un acteur de premier plan d'une institution quelconque. Aujourd'hui, les choses se décident sur le terrain, plus dans les CCI ou au Medef. Pierre Gattaz ne représente que les membres du Medef. Je respecte son droit à s'exprimer, mais je trouve très grave que les médias fassent de lui le patron des patrons. Je refuse qu'il me représente. Il ne faut pas attendre les prises de décision des administrations ou des corps intermédiaires. Il faut faire bouger les choses par le bas : c'est ça l'avenir ! ».
Stop aux "bullshit jobs"
Et Philippe Barre de s'en prendre aux "bullshit jobs", « ces jobs qui se nourrissent les uns les autres et que l'on retrouve dans les grandes entreprises, institutions publiques et parapubliques ». Au sein de l'écosystème Darwin, Philippe Barre a réuni des réseaux proches de ses aspirations, où il gravite sans être adhérent. On retrouve autour de lui des acteurs de l'économie sociale et solidaire, de la transition énergétique, des cultures urbaines et alternatives, de la glisse et du surf... Mais aucun de ces réseaux n'est vraiment structuré, si ce n'est la
Fondation Darwin, dont il assure la présidence. 30 associations, assez éloignées de toute vocation business, profitent d'un hébergement et d'un accompagnement : Emmaüs, les Marins de la Lune, le club de skate La Brigade... Même s'il s'en défend, Philippe est devenu une "figure" de Bordeaux, et c'est à ce titre qu'il a été sollicité pour siéger au
Conseil des entrepreneurs, institution qui réunit tous les 3 mois une trentaine de chefs d'entreprise auprès d'Alain Juppé et de Virginie Calmels, pour échanger autour des grands projets de la métropole. Philippe Barre siège également au sein du
Conseil culturel de Bordeaux et du
Comité d'attractivité de Bordeaux.
Promotion du CJD
Mais s'il est un réseau patronal dont le cofondateur de Darwin souhaite faire la promotion, c'est le
CJD (Centre des jeunes dirigeants). Philippe Barre a présidé la section bordelaise en 2005, et exercé des fonctions nationales en 2008, sur le sujet de la performance globale de l'entreprise. « Le CJD m'a permis de sortir de mon isolement, de m'informer, et de me former à mon métier de patron. J'ai expérimenté et participé à une dynamique d'influence collective. Et j'ai trouvé au CJD mes associés d'aujourd'hui : Vincent et Philippe Lassalle Saint-Jean ».
Ancien du CJD, le cofondateur de l'écosystème Darwin fréquente de nombreuses associations mais ne goûte pas trop aux organisations patronales "traditionnelles".