Bordeaux : Comment les patrons jugent Virginie Calmels

Bordeaux : Comment les patrons jugent Virginie Calmels

Élue il y a un an à la Mairie de Bordeaux, Virginie Calmels suscite beaucoup d'interrogations en raison de son parcours atypique, de sa notoriété et de son statut à part dans l'entourage d'Alain Juppé. Mais comment les chefs d'entreprise perçoivent-ils son travail ?

Elle est celle dont on parle dans les dîners en ville. « Vous avez déjà rencontré Virginie Calmels ? », « Que pensez-vous de son action comme élue à l'économie ? », « Vous croyez qu'elle sera un jour maire de Bordeaux ? Ou bien ministre de l'Économie ? ». Élue en mars 2014 comme adjointe en charge de l'économie, de l'emploi et de la croissance durable, Virginie Calmels suscite beaucoup d'interrogations en raison de son parcours atypique, de sa notoriété qui dépasse largement Bordeaux, et de son statut à part dans l'entourage d'Alain Juppé. Mais comment les premiers concernés par son action, les chefs d'entreprise, perçoivent-ils son travail ? C'est peu dire que les entrepreneurs bordelais avaient un a priori favorable sur Virginie Calmels. Enfin un élu qui venait de leur monde, qui parlait leur langage, qui comprenait leurs arguments ! Il faut dire que son CV parlait pour elle : présidente du conseil de surveillance d'Eurodisney, membre du board de Free et de Technicolor, ex-patronne d'Endemol.




Soutien à la filière numérique

Un an après le début du mandat, Pierre Goguet, le président de la CCI, reconnaît que l'a priori n'était pas erroné : « Elle a une grande culture entrepreneuriale et elle connaît bien la culture économique ». Et Jean-François Cledel, président du Medef Gironde, d'ajouter : « Elle a la fibre patronale, ce qui est très rare en politique. Elle a démissionné de postes importants pour s'engager en politique : C'est une chance car elle apporte aux élus bordelais une approche très pertinente en matière d'économie, de nouvelles technologies et de compétences de financement. Alors que le numérique est en plein boom, ses connaissances et son réseau sont une aubaine ». Depuis un an, Virginie Calmels s'est effectivement beaucoup engagée pour soutenir la filière numérique et que Bordeaux décroche le label French Tech. Un investissement que beaucoup saluent, et dont certains s'agacent. « Il ne faudrait pas qu'elle pense que l'économie se limite au numérique », fulmine un élu consulaire.




Carnet d'adresses

Le carnet d'adresses de Virginie Calmels suscite également des avis contrastés. Il y a un an, celle-ci déclarait qu'elle ferait profiter les Bordelais de son réseau, tissé à Paris et à l'étranger. Depuis, on a vu défiler à Bordeaux Philippe Bourguignon, ex-Pdg du Club Med et d'Eurodisney, Charles Edouard Bouée, P-dg de Roland Berger Strategy Consultants et Carlo d'Asaro Biondo, président de Google Europe. Et Xavier Niel, le très médiatique patron de Free, est annoncé pour les prochains mois. « Ca n'apporte rien », expliquent, médusés, certains entrepreneurs, quand d'autres se veulent plus positifs : « Ca n'apporte pas grand-chose... pour l'instant. Mais cela positionne Bordeaux sur une carte pour de possibles futurs investisseurs ». Au-delà des visites et des interventions publiques de ces grands patrons, c'est une annonce de décision d'implantation qui est dans toutes les têtes. L'engagement de Virginie Calmels de tout faire pour permettre l'arrivée d'entreprises à Bordeaux est souvent évoqué par les patrons bordelais. « J'attends des actes », déclare un patron de premier plan.




Grande capacité de travail

Installée à Bordeaux depuis un peu plus d'un an, Virginie Calmels a eu l'occasion de rencontrer de nombreux entrepreneurs. Les bises qu'elle claquait par dizaines à son arrivée à la Soirée des entreprises du Medef, en novembre 2014, attestaient de sa bonne connaissance du milieu économique local. Ceux qui ont déjà eu à collaborer avec elle louent son dynamisme, son intelligence et sa grande capacité de travail. « Elle s'est totalement engagée pour Bordeaux, déclare Alain Cougrand, président de l'agence de développement économique BGI, où elle siège comme représentante de la Mairie de Bordeaux. Elle a le sens de l'urgence que les politiques n'ont pas. D'où un style direct, parfois rugueux. Mais c'est tant mieux : on peut tout lui dire ». Un allant que Philippe Marty, président d'Aquinum de 2012 à 2014, a aussi constaté : « Elle est très vive et n'a pas de temps à perdre. Avec elle, comme avec Alain Juppé, il faut aller à l'essentiel, et ça répond ensuite très vite ». Serge Marcillaud, président de la CGPME Aquitaine, considère pour sa part qu'« elle apporte un ton rafraîchissant et professionnel. C'est une grande bouffée d'oxygène pour la démocratie ».




« Elle bouscule un peu les choses depuis son arrivée »

À travers les déclarations de nombreux chefs d'entreprise locaux on comprend que, toute patronne qu'elle soit, Virginie Calmels sera jugée sur ses résultats de femme politique. Et que l'écosystème bordelais a déjà en tête le duel annoncé avec Nicolas Florian (Voir ci-dessous). « Elle bouscule un peu les choses depuis son arrivée, s'amuse un patron de premier plan. Certains élus et entrepreneurs se sentent dérangés par son arrivée. Elle doit faire attention à ne pas donner le sentiment d'avoir tout compris de la ville ». Un autre chef d'entreprise influent se lâche carrément. Mais ne serait-ce pas sa proximité avec Nicolas Florian qui lui fait dire : « À Bordeaux, on connaît des femmes mondaines, on les appelle les bordeluches. Virginie Calmels est pire que cela, elle est parisienne ».