Éric Botton, fondateur de Bexley, pionnier de l'e-commerce hexagonal, s'apprête à « passer la main ». L'homme d'affaires qui entend désormais se lancer à titre personnel dans le private equity fonde sa réussite sur une pratique simple, qu'il a éprouvée à 20 ans en créant sa première société de vente d'accessoires de motos par correspondance. « Je limite les intermédiaires, c'est la seule façon de dégager des marges. J'ai commencé à ouvrir un local de vente à la Croix-Rousse, en 1978. Mais mes clients qui achetaient par correspondance n'étaient pas ceux qui venaient directement. J'ai compris alors qu'un canal de distribution remplissait l'autre. »
« Bouffeurs de marge »
« Je suis allé loin dans le sourcing, sans jamais accepter un intermédiaire. De la même manière, la franchise ou encore les corners dans les grands magasins sont pour moi des « bouffeurs de marge ». Je ne distribue que mes produits et ne veux les faire distribuer par personne d'autre. On garde ainsi notre la marge. Quant au positionnement, le milieu de gamme, c'est aussi ce qui explique la réussite de la marque. »
Autre recette de cet autodidacte : la production de chaussures totalement intégrée, de l'achat du cuir en passant par la fabrication jusqu'à la vente. Actionnaire à 100 % de l'enseigne lyonnaise de chaussures et de prêt-à-porter pour hommes, il a confié un mandat à la banque Bryan Garnier et avait fin mars « de nombreuses demandes pour examiner le dossier sous le sceau de la confidentialité ». Bexley réalise 30 % de son chiffre d'affaires grâce à la vente en ligne, (depuis 1996) avec une présence dans une dizaine de boutiques en France et depuis peu à Bruxelles. Le chiffre d'affaires de l'entreprise fondée à Lyon en 1985 atteint, en 2013, 25 millions d'euros pour 5 millions d'euros de résultat net et une centaine de salariés.