Les pratiques du street-art, reprises par les publicitaires ? L'idée ferait hurler les artistes, mais séduit les annonceurs. C'est en tout cas le concept proposé par Clean Graffiti, qui met au service de ses clients ses marquages éphémères, obtenus au pochoir.
Le concept
L'entreprise utilise soit de la peinture biodégradable, parfois phosphorescente, soit simplement un karcher, le texte apparaissant alors en clair sur le trottoir, plus foncé. « Les messages tiennent environ une semaine. L'avantage c'est qu'on peut les placer vraiment sur les lieux de passage des piétons. Et ça limite l'impression de pollution visuelle dans la ville. D'autant plus que, selon les publics visés, on définit précisément les zones où seront appliqués les pochoirs », explique Benjamin Farsang, le fondateur de l'entreprise. Surtout, le prix d'une campagne reste très raisonnable par rapport à un affichage classique. Reste à faire connaître ce mode de communication. « En France, il n'y a que trois agences qui proposent ce service. Et je suis tout seul pour le nord de Paris et la Belgique. »
La création
Lancée en janvier 2015, Clean Graffiti a bénéficié d'un accompagnement de la CCI de Béthune, d'Artois Initiative et de Pas-de-Calais Actif. En tout, l'entreprise a obtenu 12.000 € de subventions et de prêts, de quoi acheter du matériel et un véhicule, et lancer son site Internet.
Les campagnes
« Pour l'instant, les marques testent mes services, ils ne connaissent pas les dispositifs et ils sont surtout inquiets sur le plan juridique. Mais je fais tout pour les rassurer, je suis sûr de moi ! Je m'engage d'ailleurs à prendre sur moi la responsabilité juridique des campagnes. Aucune loi n'empêche de nettoyer l'espace public ! » Une première grosse campagne a été réalisée en juin à Cannes pour le lancement du Renault Kadjar. Si le test est concluant, l'opération pourrait être étendue à toute la Côte d'Azur.
Les perspectives
Pour son premier exercice, Benjamin Farsang vise un chiffre d'affaires de 70.000€. Un objectif « réalisable », qui lui permettrait d'être déjà « tout à fait rentable ». « L'idéal, ce serait d'arriver à réaliser une campagne par semaine ». Et pourquoi pas, embaucher rapidement.
Clean Graffiti
(Bruay) Dirigeant : Benjamin Farsang cleangraffitifrance.com