Philippe Kling, ancien directeur industriel de Bel Air Industries à Metzeral est amer. Le plan de reprise qu'il avait élaboré avec son assistant et deux investisseurs était basé sur une réelle stratégie: faire évoluer l'activité de l'ameublement vers les tissus techniques pour la scène, et avait reçu le soutien du Cahr et des élus locaux et régionaux. Mais il a dû être abandonné suite à une série d'obstacles. En règlement judiciaire depuis le 18juin dernier, la maison mère basée à Tarare, dans le Rhône, a décidé de fermer l'usine Bel Air de Metzeral: le mois dernier, elle a engagé un plan social concernant les 21 salariés du site. Ce plan de licenciement a devancé le plan de reprise, balayant du coup les chances de ses initiateurs. Dans leur course contre la montre, ceux-ci se sont heurtés à la frilosité des banques, au refus du propriétaire de céder ses bâtiments et machines pour un coût symbolique, comme convenu au début du projet, et à l'attitude de l'administrateur judiciaire qui a mis du temps avant de déposer leur offre de reprise au tribunal de commerce de Villefranche-sur-Saône. Leur convocation tardive à ce tribunal (le 22octobre) a contraint les candidats repreneurs à retirer leur offre de reprise. En 2008, le site haut-rhinois avait réalisé un chiffre d'affaires de 170.000euros et en 2009, il prévoyait un chiffre de 450.000euros. La diversification de l'activité, déjà entamée, commençait à porter ses fruits. «On nous a coupé les ailes au moment où on s'envolait», regrette Philippe Kling.
Pris de court par la décision de leur maison mère à Tarare (Rhône), le plan de reprise par deux cadres du site alsacien n'a pu aboutir.