«Évidemment, 2009 est une année complète de crise, donc une mauvaise année, et même un peu plus que les entreprises ne l'avaient anticipé. Pour autant, nous avons assisté à une adaptation raisonnable des entreprises face à cette baisse conjoncturelle», explique Christian Jacques Berret, le directeur régional de la Banque de France. De fait, l'étude établit dans le secteur de l'industrie une diminution des chiffres d'affaires de 13,1%, une baisse des exportations de 8,6% et un fort recul du courant d'investissements à -35,9%. Un secteur industriel où les réductions d'effectifs se sont amplifiées et la rentabilité d'exploitation dégradée. Le secteur de la construction n'échappe pas à la crise avec un repli de la production de 4%, là où en 2008, celle-ci s'affichait à +9,6%. En ce qui concerne les effectifs, ceux-ci se sont contractés de 1,5%, corroborant l'anticipation de début 2009 à -1,3%. «C'est une réaction modérée qui donne l'impression que les entreprises gardent de la réserve en vue d'un redémarrage». Pour sa part, le domaine des services marchands enregistre un recul de l'activité dans la plupart des secteurs, avec des chiffres d'affaires en diminution de -5,4% (+6,4% en 2008) et un niveau d'emploi détérioré. «Une réaction ici plus importante peut être liée à un effet de rigidité. La perspective perdure ainsi à la baisse». Branche touchée de plein fouet, le transport accuse une diminution de 8% des chiffres d'affaires: «Et c'est un secteur qui pèse lourd en terme d'emplois».
Perspectives 2010
«Ce qui peut étonner aujourd'hui, tous secteurs confondus, c'est que les prévisions ne sont pas plus prudentes qu'en 2009 malgré la déconvenue. Les entreprises interrogées donnent des signes positifs, sauf pour les effectifs car le mouvement n'est pas fini». De fait, le secteur industriel prévoit une légère progression des chiffres d'affaires, accompagnée d'une stabilité des exportations, une progression modérée des investissements et un ralentissement de la baisse des effectifs. Pour 2010, production et effectifs devraient se maintenir dans la construction. Enfin, les services marchands ambitionnent le quasi-maintien des chiffres d'affaires mais accompagné de nouvelles réductions des effectifs.
Sébastien Colle
L'enquête de fin d'année menée par la Banque de France sur l'état des entreprises en Haute-Normandie pour l'année 2009, démontre une baisse des performances supérieure aux prévisions formulées en début d'année.