Bassin d'Arcachon : Les commerçants grondent

Bassin d'Arcachon : Les commerçants grondent

500 entrepreneurs du Bassin se sont regroupés pour dénoncer l'urbanisme commercial galopant sur leur territoire. Ils espèrent profiter de la caisse de résonance des législatives pour se faire entendre des élus et mènent une bataille judiciaire contre les permis de construire.

La guerre des enseignes est déclarée sur le bassin d'Arcachon. Face aux très nombreux projets commerciaux qui doivent voir le jour (voir carte), les commerçants déjà installés ont décidé de réagir. La CEPPBA (Confédération pour les entrepreneurs et la préservation du pays du bassin d'Arcachon) revendique 500 adhérents, chefs d'entreprise, professions libérales, artisans et patrons de petits commerces comme de grandes surfaces. Et affirme une ambition: dénoncer l'urbanisme commercial «de clocher» des élus locaux. «Chaque maire veut son projet et se dépêche de le faire sortir de terre avant l'élaboration du Scot, déclare Jean-Marc Duprat, bijoutier à La Teste et membre fondateur de la CEPPBA. Nous sommes déjà en surdensité commerciale et je ne vois pas comment nous pourrons faire face à une telle concurrence». 69.423m² ont été récemment acceptés par les commissions nationales ou départementales d'aménagement commercial, ce qui représente 37% du parc actuel. Et près de 19.000m² pourraient venir s'ajouter à ce total.




Demande d'une charte d'urbanisme commercial

Pour faire entendre leur cause, les adhérents de la CEPPBA ont rencontré leurs élus locaux, mais aussi les représentants de l'État et des chambres consulaires. «Les 17 maires sont d'accord pour dire que le projet de leur voisin est mauvais, déclare Éric Duret, président. Mais aucun ne souhaite remettre en cause les agrandissements ou implantations sur sa commune». Les représentants de la CEPPBA en appellent à la création d'une charte d'urbanisme commercial, sur le modèle de ce que la Cub et la CCIB ont mis en place sur l'agglomération bordelaise. Ils comptent également profiter des futures élections législatives pour interpeller les candidats. Mais n'est-il pas déjà trop tard? Jean-Jacques Eroles, maire de La Teste-de-Buch, souligne que les projets de Leclerc et de Patrice Pichet sur sa ville «ont été initiés par l'équipe précédente et validés par la Communauté d'agglomération du bassin d'Arcachon Sud». Celui-ci fustige «une confédération qui attaque tout» et considère qu'il agit déjà beaucoup en faveur du commerce de proximité: «Je m'attache à la revitalisation du centre-ville. Et le pharmacien que je suis, qui connaît très bien l'économie, sait bien que les projets commerciaux à La Teste seront viables pour tout le monde».




Bataille de procédure

Faute d'être entendus, les adhérents de la CEPPBA se sont lancés dans des batailles de procédure contre les permis de construire. Avec un retour de flamme: le patron du Leclerc d'Arès, qui veut agrandir sa grande surface mais dont le permis est attaqué, attaque en retour le projet de cinéma d'Andernos, porté par le patron de l'Intermarché de la ville... Pour Alfredo Julio, vice-président à la CCI de Bordeaux et membre de la commission commerce qui soutient la CEPPBA, «Il est temps de faire une pause et de se mettre autour d'une table plutôt que de se lancer dans une guerre de tranchées. Tous les acteurs doivent se parler et imaginer l'avenir ensemble. La chambre a une bonne expertise dans ce domaine. Actuellement le constat est simple: le territoire est à maturation commerciale. Si d'ici quelques années on multiplie l'offre de m² par deux, cela ne sera pas neutre.

Il faut donc se pencher sur les besoins et réfléchir à une évolution cohérente.»

ceppba.unblog.fr