Un pilier de la Biovalley alsacienne repart de l'avant après avoir frôlé la correctionnelle. Fondée en 1999 par le professeur Camille Wermuth, Prestwick Chemical avait déposé son bilan au printemps dernier, « en raison de difficultés de trésorerie et pas par manque d'activité », insiste celui-ci. La procédure collective est allée jusqu'à la liquidation, mais celle-ci a été suivie immédiatement par la création d'une nouvelle société, PC SAS, qui est détenue par Bionomics.
30 emplois maintenus
Ce groupe australien de biotechnologies ne se contente pas de racheter les actifs. « Le management local est maintenu et la société repart avec 30 salariés sur les 34 qu'elle employait, dans ses deux spécialités : chimiothèques et recherche en chimie médicinale », annonce Paul Bikard, le directeur administratif et financier de Prestwick Chemical. La première activité crée des sortes de banques de données de molécules qui seront analysées par l'industrie pharmaceutique selon la technique du criblage à haut débit. La seconde est la plus importante en volume et la plus stratégique. Elle fait participer Prestwick à la confection de nouveaux candidats médicaments, par une succession d'allers-retours avec les entreprises de biotechnologies et les laboratoires pharmaceutiques internationaux.
Propriétaire de Neurofit
Or, Bionomics compte parmi ses clients, notamment pour l'un de ses programmes phares sur les troubles cognitifs du système nerveux central (maladies d'Alzheimer, de Parkinson...) objet d'une licence de 506 millions de dollars avec le groupe Merck & Co. « L'acquisition nous procure une intégration verticale de fonctions-clés dans les phases précoces de découverte et de développement de molécules en neurosciences et oncologie », confirme le groupe australien. Celui-ci connaît déjà Strasbourg et plus particulièrement le Parc d'innovation d'Illkirch : depuis 2005, il y détient Neurofit, une autre start-up d'évaluation de traitements de maladies neurologiques.
Le groupe de biotechnologies australien Bionomics a racheté les actifs de la start-up d'Illkirch en liquidation, dont il maintient l'activité sur place.