Rennes
Banque Populaire de l'Ouest : Quel avenir pour le siège ?
Rennes

Banque Populaire de l'Ouest : Quel avenir pour le siège ?

Ce morceau de patrimoine rennais devrait changer de mains prochainement. Selon nos informations, le siège de la BPO, place de la Trinité, est en passe d'être vendu. La banque a entamé des négociations avec les groupes Blot et Legendre.

La vente par la Banque Populaire de l'Ouest de son siège, place de laTrinité. Voilà un événement qui pourrait devenir réalité très prochainement. À l'heure où nous blouclions ces lignes, des négociations étaient en effet en cours entre la banque régionale et deux groupes rennais bien connus: Blot et Legendre. Face à de très nombreux postulants - on parle d'une vingtaine de candidats - le duo local formé d'un promoteur et d'un constructeur semble tenir la corde. 10.000m² de shon - 8.000m² de surface utile - en plein coeur de la capitale bretonne. Entre la place des Lices et la bien nommée rue de la Monnaie, ce site patrimonial aura marqué à sa façon l'histoire rennaise (lire ci-contre). Pas étonnant, donc, que sa vente ait alimenté- et alimente encore aujourd'hui - les discussions dans les milieux économiques.




Lamotte et Giboire

La Banque Populaire de l'Ouest n'a jamais caché son intention de céder son trésor architectural. Au printemps dernier, son directeur général Yves Breu avait en effet annoncé qu'il souhaitait à terme regrouper les équipes du siège Trinité et de Montgermont dans un seul et même lieu pouvant accueillir jusqu'à 500 postes de travail (nos éditions précédentes). Et l'une des étapes préalables était de trouver acquéreur pour le bâtiment du centre-ville. S'agissant des candidats à l'achat, beaucoup de noms ont circulé ces dernières semaines. Certains d'évoquer le groupe Nexity, d'autres les groupes locaux Lamotte ou Giboire - deux offres au passage jugées sérieuses par un bon connaisseur du dossier. Mais au final, c'est le groupe Blot, en association avec Legendre (minoritaire) qui pourrait donc finir de convaincre la Banque Populaire de l'Ouest. Avec un projet bien ficelé... et des arguments sonnants et trébuchants. Plusieurs prix ont circulé ces derniers jours chez les professionnels de l'immobilier. Et certains d'avancer un montant d'acquisition de 17,5M€. Si aucun des protagonistes ne souhaite commenter l'information, il paraît toutefois nécessaire de tempérer cette estimation. Selon nos informations, en attendant de faire construire un nouveau bâtiment, vraisemblablement à Saint-Grégoire (lire plus loin), la Banque Populaire de l'Ouest pourrait rester dans le centre-ville de Rennes pendant deux ans. Peut-être même un peu plus. Si cela se confirmait, elle devra donc s'acquitter d'un loyer auprès de ses nouveaux propriétaires - Blot et Legendre. Loyer qui pourrait s'approcher, selon un spécialiste du sujet, d'un peu plus d'un million d'euros annuel. Une quittance que le ticket Blot-Legendre pourrait alors défalquer du prix d'achat initial.




Culture du secret

C'est Benoît Caron, numéro2 de la Banque Populaire de l'Ouest et homme de confiance d'Yves Breu, qui mène depuis plusieurs mois le projet de cession - et de réimplantation - du siège de la BPO. Un cadre bancaire qui, ces dernières semaines, s'est muré dans le silence, faisant valoir des «enjeux importants sur le plan commercial, sur les relations avec la mairie...» Le secret, une culture particulièrement présente dans les milieux bancaires en général, et à la BPO en particulier. On se souvient en effet des négociations qui ont duré peut-être un an entre la banque régionale et le groupe Legendre - encore lui - au sujet de la possibilité de s'installer à la Mabilais, anciennement occupé par France Télécom et désormais propriété du groupe de BTP. Quoi qu'il en soit, une fois le dossier de cession de laTrinité bouclé - à moins que la mairie de Rennes ne fasse valoir son droit de préemption, hypothèse jugée peu crédible à ce jour - la BPO devra ensuite se consacrer encore plus à sa réimplantation. De ce côté-là, Benoît Caron est un peu plus ouvert à la discussion. «On travaille avec le groupe Lamotte sur notre réimplantation à Saint-Grégoire, confie le banquier. Les études sont toujours en cours. Mais aucune décision n'a encore été prise à ce sujet-là.» Selon nos informations, c'est un contrat d'exclusivité qui lie en effet jusqu'à la fin de l'année Lamotte et la BPO. Le promoteur rennais étant propriétaire de foncier à Saint-Grégoire, tout près de son Parc Edonia, il travaille activement à un projet de bâtiment avoisinant les 12.000 à 15.000m². Rappelons en effet que si la Banque Populaire de l'Ouest avait finalement décliné la proposition du groupe Legendre de venir occuper la Mabilais, c'est parce que l'ancienne direction régionale de France Télécom était trop grande pour elle (17.000m²).




Bureaux, hôtel, commerces...

L'autre dossier à suivre dans les prochains mois sera sans nul doute l'avenir de l'Hôtel des Monnaies. S'ils deviennent effectivement propriétaires du lieu, que vont en faire Blot et Legendre? Aucun des deux ne souhaite aujourd'hui faire état de ses projets. «Trop prématuré», indique David Blot, P-dg de l'entreprise. Quelques pistes sont pourtant évoquées ici et là. «C'est un site magnifique, notamment pour faire du logement. Mais il y a le Plan local d'urbanisme (PLU) de la Ville de Rennes», fait remarquer un promoteur rennais. «On est aussi dans un périmètre de protection. On ne peut rien faire sans l'avis des Architectes des Bâtiments de France.» La conclusion de ce spécialiste est donc sans appel: «un lieu magnifique, certes, mais extrêmement contraint.» Si on peut écarter d'emblée les logements - pour cause de PLU - il ne reste donc guère de choix. Alors certains d'évoquer des bureaux, une résidence-services (lire ci-contre) ou encore une «petite surface commerciale». Mais d'autres - et ils sont les plus nombreux - de citer spontanément un projet hôtelier. La capitale bretonne souffrant dans ce domaine d'un déficit notoire. Affaire à suivre.

Rennes