«Une année pas facile pour l'économie, pas facile pour les banques.» C'est en ces termes qu'Yves Breu, le directeur général de la Banque Populaire de l'Ouest (BPO), qualifie l'année passée. Dans les faits, crise oblige, la demande de crédits auprès de la banque s'est contractée de façon significative. 31.000 projets financés, pour 34.000 en 2008. «C'est -10% en nombre et -20 à -25% en valeur. Ce qui veut dire que les projets financés sont plus petits», relève le patron de la BPO. Parallèlement, avec 6,9milliards d'euros, la banque a collecté le même montant de ressources qu'en 2008. Une diminution destrésoreries des entreprises explique cette stagnation.
Montée du risque
Autre constat, «on a une montée assez significative de la charge du risque, fait remarquer Yves Breu. Ça nous a coûté 38M€ cette année contre 27M€ en 2008.» «C'est moitié plus que nos résultats nets», souligne au passage Pierre Delourmel, président de la banque. Yves Breu insiste toutefois sur la taille des dossiers qui ont posé problème. «Beaucoup de dossiers entre 50 et 200 K€ mais pas de très gros sinistres.» Côté financier, la BPO a enregistré un produit net bancaire (équivalent du chiffre d'affaires) en légère diminution (-1,2%), à 220,9M€. Les difficultés rencontrées par Natixis et BPCE, filiales des Banques Populaires - et la baisse des dividendes en résultant - ont largement participé à ce PNB. Sans Natixis et BPCE, la BPO aurait en effet enregistré un produit net bancaire en hausse de 2%. S'agissant des investissements, le réseau bancaire a injecté 13 M€ en immobilier et informatique l'an passé. Une seule nouvelle agence a été ouverte, à Guichen. Si aucune ouverture n'est prévue en 2010, la BPO prépare toutefois le lancement d'une nouvelle structure spécialisée dans les professions libérales. Quatre personnes l'animeront depuis Rennes et des collaborateurs du Mans, de Brest et Saint-Malo seront détachés pour développer cette cible.
Mutualisation
Face à ces résultats en demi-teinte, la BPO a engagé un plan de resserrement de ses frais généraux. Avec à la clef, une légère baisse des effectifs. «115 départs en retraite en 2009 pour 72 recrutements» sur un total de 1.470 salariés au 31décembre, précise Yves Breu. Et d'annoncer que ce non-remplacement de certains départs naturels «continuera cette année.» Toujours dans cette optique d'économies, la banque poursuit l'externalisation de la numérisation de ses documents, auprès de la société rennaise Anamnis. Tout en développant la gestion électronique des documents, grande source là encore d'économies. La BPO poursuit, par ailleurs, sa coopération avec sa voisine la Banque Populaire Atlantique. Certains métiers, comme le traitement des chèques, de la monétique porteurs et commerçants ou la syndication de crédits sont ainsi mutualisés. Les départements Fusion-Acquisition pourraient également être regroupés à terme.
Face à une année 2009 difficile, et une demande de crédits en baisse, la Banque Populaire de l'Ouest engage un plan de resserrement de ses frais généraux.