Le rendez-vous est désormais bien rodé. Et les 45 entreprises innovantes sélectionnées sur le pont pour faire mouche en cette journée du 22 mars qui accueillera le traditionnel marché de l'innovation azuréen, BA06 Event. A la manœuvre, l'association BA06 Accompagnement, soutenue par la CCI azuréenne, la Métropole NCA, l'UPE 06 et la Communauté d'Agglomération Sophia Antipolis (CASA), qui en sept ans a transformé l'initiative de Georges Dao en un véritable accélérateur de business pour les start-up du cru. Avec un concept qui a fait ses preuves, celui-ci consistant à réunir sur un même lieu, le temps d'une journée, entreprises innovantes en amorçage, donneurs d'ordres, investisseurs et experts de l'accompagnement. Histoire de créer, voire de concrétiser ses premières opportunités d'affaires.
Trouver ses premiers clients
C’est le cas de la jeune pousse cannoise, Oorikas, créée en janvier 2016 et spécialisée dans la formation à distance. « C’est à BA06 Event (édition 2016, ndlr) que j’ai trouvé mon premier client », témoigne son dirigeant-fondateur Julien Tabore. A savoir, les Laboratoires Ineldea, spécialiste carrossois des compléments alimentaires pour lequel la start-up a développé une plateforme d’e-learning dédiée à ses forces de vente au national. « Ce premier contrat signé en deux mois est venu crédibiliser notre offre auprès de nos prospects », reprend le dirigeant. Qui, de fil en aiguille, a depuis séduit le CHU de Grenoble avec une plateforme d’autoformation à l’anglais médical ou encore le réseau national Orpi et ses 6 000 collaborateurs avec un outil dédié à la formation obligatoire en immobilier, en cours de déploiement. Et ce, grâce aux supports de communication produits par BA06 et plus particulièrement les fameux Elevator Pitchs vidéo préparés les mois précédents l’événement.
Du bon usage du pitch
C’est d’ailleurs grâce à cette préparation intensive que Glim, agence de traduction sophipolitaine dont la particularité est de proposer des profils de traducteurs experts métiers (380 dans le monde couvrant 62 langues), a su convaincre l’un de ses clients avocats rencontré... dans un ascenseur. « Nous avions le temps de monter quatre étages pour présenter l’entreprise et en quoi elle répondait à ses besoins. À cet égard, la formation BA nous a été précieuse. », se souvient son dirigeant, Philippe Bouquet de Jolinière. Qui renouvelle donc sa participation après un premier galop d’essai fructueux. « Nous avons su convaincre plusieurs entreprises locales de travailler avec nous dont Arkopharma, Augier ou encore Navily, elle-même participante comme entreprises innovante ». La start-up y a également rencontré la conseillère bancaire qui l’accompagne depuis dans ses démarches à Montréal où elle souhaite ouvrir une antenne en 2018. Glim, qui emploie 4 personnes, a généré en 2016 un chiffre d’affaires de 300 000 euros qu’elle entend doubler d’ici à la fin de l’exercice en cours.
La chasse aux investisseurs
« Cette année, nous arrivons sur BA06 Event forts d’un portefeuille de produits, de services et de clients à présenter », reprend le dirigeant d’Oorikas. Ce qui devrait contribuer, espère-t-il, à conquérir de nouveaux donneurs d’ordre - objectif premier de la start-up - mais aussi des investisseurs, dont 19 représentants seront présents lors de la manifestation. L’entreprise cherche en effet à lever environ 2 millions d’euros pour financer le développement de ses propres gammes de plateformes e-learning sur étagère dont la première, monpermispascher.fr, sera lancée avant l’été.
Même démarche du côté de la société niçoise Eventiko, à l’origine d’une plateforme e-commerce proposant des offres packagées de réunions et séminaires, qui, pour sa troisième participation, cible plus précisément les investisseurs. « Nous visons les 300 000 euros afin de financer notre développement et de renforcer notre équipe d’acheteur, de web marketing et de directeur technique », indique sa directrice générale Anne-Marie Randriamanandraitsiory. Qui, lors des deux éditions précédentes, a été surprise par « le rythme très soutenu et la qualité des rendez-vous programmés ». Ces derniers s’étant traduit par un chiffre d’affaires de près de 25 000 euros, dont 5 000 euros générés le jour même de l’événement.
L'absence des collectivités
« Cette année, notre planning est moins chargé dans la mesure où nous avons déjà rencontré la plupart des donneurs d’ordres », remarque la dirigeante, appelant en creux à une plus large mobilisation des entreprises azuréennes aux côtés de la trentaine de fidèles (Amadeus, Malongo, Enedis, Schneider Electric...) qui chaque année jouent le jeu. A l’inverse des collectivités qui, certes, soutiennent l’événement, sans toutefois oser passer dans la case donneurs d’ordres. Au grand dam de l'organisateur. La faute au sacro-saint code des marchés publics ? À voir... « Il nous faut trouver les subtilités pour le contourner et faire en sorte que les collectivités soient leur premier client, ou tout du moins un territoire d'expérimentation », plaident de concert Christian Tordo (Métropole NCA) et Jean-Pierre Mascarelli (CASA). Chiche !