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Axid, la TPE qui a rebondi grâce à la route solaire
Sophia Antipolis # Production et distribution d'énergie

Axid, la TPE qui a rebondi grâce à la route solaire

C'est le seul bureau d'études en France à maîtriser à la fois l'électronique de puissance et le photovoltaïque. C'est donc en toute logique qu'Axid a participé au prototype de route solaire porté par Colas. Et pourtant, il y a deux ans, son avenir était compromis...

Inauguré en Normandie le 22 décembre dernier par la ministre de l'Environnement, le premier kilomètre de route solaire constitue une innovation mondiale porteuse de grandes ambitions dans le domaine de l'énergie et des routes du futur. Ce prototype de 5 millions d'euros a été réalisé par le groupe de BTP Colas, qui a fait appel au bureau d'études Axid, spécialiste de l'électronique de puissance basé à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes), pour sécuriser ce tronçon pavé de panneaux photovoltaïques, donc de fils électriques.

Sécuriser et optimiser

« Nous avons été missionné pour inventer et fournir une solution électronique permettant d'assurer la sécurité des usagers en évitant tout accident électrique qui pourrait surgir en cas de problème entraînant une détérioration des panneaux. Et ce, en conservant une production optimale d'électricité », raconte Roland d'Authier, dirigeant de la TPE fondée en 2010. Un double challenge, donc, à réaliser en deux petits mois. « Un délai impossible à tenir si nous n'avions pas déjà développé un convertisseur photovoltaïque pour décharger les batteries industrielles de 48 volts, que nous avons adapté à la route solaire. » Et le petit poucet azuréen de cinq personnes de marquer des points sur un marché - l'électronique - en « pleine révolution avec l'accélération du tout électrique ». Au passage, ce projet a rapporté une enveloppe d'environ 400 000 euros à l'entreprise, qui a vu son chiffre d'affaires tripler en 2016 pour s'établir à 700 000 euros.

Crise du photovoltaïque surmontée

Et dire qu'il y a deux ans, Roland d'Authier s'interrogeait sur la pertinence de poursuivre son activité. « A l'inverse de bon nombre d'entreprises, Axid n'est pas née d'un besoin, mais d'une techno ». Une technologie - les onduleurs photovoltaïques - développée à l'origine pour sa société soeur Axun, spécialisée dans la distribution de matériel photovoltaïque (4 personnes pour 1M€ de CA en 2016), que la crise du solaire couplée à la concurrence chinoise a durement impacté. Et bouché les débouchés. « On a mis deux ans à trouver de nouveaux marchés », se souvient-il. En 2015, Axid s'éloigne du photovoltaïque pour se tourner vers l'automobile et équiper des bancs de test de convertisseurs d'énergie afin de vérifier la puissance des moteurs ou la bonne fonctionnalité des vannes papillons. La même année, le bureau d'études passe un contrat avec le CNRS pour développer un convertisseur embarqué dans une tête de forage qui creuse les glaciers en Antarctique pour des missions de recherche climatique. « Le forage est actuellement en cours », indique le dirigeant, pas peu fier du challenge relevé afin de permettre au produit de résister à une température ambiante de -55ºC.

Marchés prioritaires

Et puis, il y a le secteur du spatial, défriché en 2016 avec le constructeur de satellites Thalès Alenia Space. « Il s'agit là de réaliser un convertisseur permettant d'alimenter le satellite au sol pour simuler les panneaux solaires ». Un projet qui oblige Axid à s'organiser en conformité avec les exigences du secteur - les certifications sont en cours - et qui devrait « nous ouvrir les portes de l'aéronautique et du militaire ». Deux des trois marchés prioritaires, avec celui de la batterie, de la TPE azuréenne qui, après avoir « dépasser son seuil de rentabilité en 2016 », prévoit de doubler son chiffre d'affaires en 2017 et d'embaucher deux à trois ingénieurs supplémentaires. Sans oublier, évidemment, la suite du projet de route solaire puisque quatre kilomètres supplémentaires devraient être programmés. « On s'auto challenge pour diviser par deux le coût de l'électronique et son empreinte carbone afin de fiabiliser le concept sur un plan commercial et écologique ». Et ainsi tenter de créer de la récurrence, point stratégique pour le bureau d'études.

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