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Avec son gilet connecté, la start-up Altus veut révolutionner le diagnostic des maladies respiratoires
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Avec son gilet connecté, la start-up Altus veut révolutionner le diagnostic des maladies respiratoires

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Après plusieurs années de R & D, la start-up grenobloise Altus, qui conçoit un gilet intelligent pour faciliter le diagnostic des maladies respiratoires, prépare une levée de fonds pour accélérer son développement, avec une mise sur le marché prévue pour 2026. La pépite espère atteindre un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros d’ici 5 ans.

Altus développe une veste équipée d’une matrice de capteurs ultrasons capables d’analyser les poumons en temps réel, sans contact ni radiation — Photo : Altus

Avec son gilet connecté permettant d’ausculter les poumons des patients qui l’enfilent, la jeune medtech grenobloise Altus (5 salariés) pourrait révolutionner le diagnostic des maladies respiratoires. Issue du laboratoire de recherche mixte du CNRS, Grenoble INP et UGA, Altus développe ainsi une veste équipée d’une matrice de capteurs ultrasons capables d’analyser les poumons en temps réel, sans contact ni radiation. Après plus de cinq ans de recherche et développement, l’entreprise, qui va déposer ses statuts ce mois-ci, est en pleine levée de fonds afin de lever entre 2 et 3 millions d’euros. La pépite vise une mise sur le marché dès l’an prochain.

Deux usages pour le gilet

L’idée d’Altus est née en 2021, dans le cadre d’un appel à projet de l’institut Carnot LSI, un groupement de laboratoires universitaires grenoblois dans le secteur du numérique, qui cherchaient une solution pour répondre à la problématique Covid. "Notre technologie n’a pas d’impact sur la santé des patients puisque nous n’utilisons pas d’ondes ionisantes. Par ailleurs, son usage est très simple et permet d’obtenir un diagnostic plus précis que dans l’imagerie pulmonaire traditionnelle", explique Cornel Ioana, fondateur et dirigeant de la start-up.

Altus exploite ainsi la déformation des signaux ultrasonores dans les tissus pulmonaires pour identifier les anomalies, signaux qui sont ensuite traités localement puis retranscrites sous forme d’images grâce à de l’IA. De quoi détecter la bronchopneumopathie chronique obstructive et bronchite chronique (BPCO) et l’asthme dès les premiers stades. "Enfiler le gilet, faire les analyses et obtenir l'imagerie prendra moins de 15 minutes", selon Cornel Ioana. Le gilet aura deux usages : la médecine de ville et le suivi des patients hospitalisés.

Une licence de logiciel en mode SaaS

"Nous avons un prototype et sommes en train de finaliser la documentation pour réaliser les premiers essais cliniques en partenariat avec le CHU de Grenoble à l’automne. Nous préparons également le marquage CE", poursuit le dirigeant.

Le modèle économique de l’entreprise reposera sur la vente du gilet avec capteurs en tant que dispositif médical, et sur la commercialisation de licences pour accéder au logiciel de traitement des data récoltées. "La levée de fonds va nous permettre de financer le développement de notre logiciel en mode SaaS, qui devrait être prêt d’ici 2027", explique encore Cornel Ioana. "Nous espérons commercialiser notre gilet auprès d’une dizaine d’early adopters en 2026, avant de proposer dans un second temps la vente de licence d’utilisation", poursuit le dirigeant.

"Des centaines de millions de personnes concernées"

Ce dernier a de fortes ambitions avec un objectif de 24 millions d’euros de chiffres d’affaires à horizon 5 ans. "Nous sommes confiants dans le cap que nous nous sommes fixé. La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et l’asthme affectent des centaines de millions de personnes et représentent 46,7 % des dépenses de santé liées aux pathologies respiratoires", termine Cornel Ioana.

Isère # Medtech # Santé # Start-up # Levée de fonds # Innovation