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Avec du soleil et de l’argan, La Phocéenne de cosmétique fait naître un village modèle au Maroc
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Avec du soleil et de l’argan, La Phocéenne de cosmétique fait naître un village modèle au Maroc

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À l’origine, le projet devait simplement électrifier un hameau marocain. Sept ans plus tard, la PME La Phocéenne de Cosmétique a contribué à faire naître un véritable village autonome autour de l’huile d’argan. Désormais, 300 familles vivent de ce projet à vocation touristique.

Grâce au partenariat unissant La Phocéenne de cosmétique et Les Mousquetaires, 300 familles vivent de la culture et de la transformation des noix d’argan au Maroc — Photo : DR

À l’origine, le projet devait se limiter au financement de l’installation de panneaux solaires. Sept ans plus tard, c’est tout un village marocain, à 50 kilomètres d’Essaouira, qui vit, travaille et s’épanouit grâce à une PME de Salon-de-Provence, La Phocéenne de Cosmétique (115 salariés, CA : 55 M€), maison mère des marques Le Petit Olivier, Lovea et Laboratoires Vendôme, proposées en grande distribution.

D’un projet d’électricité solaire…

Tout commence en 2017, quand Éric Renard, directeur général de l’entreprise, découvre le projet de village solaire porté par l’association Mohammed VI. L’idée : raccorder à l’électricité 17 foyers d’Ounagha, dont les femmes travaillent l’argan selon un savoir-faire ancestral, classé au patrimoine immatériel de l’Unesco. "Cela fait six ans que nous avons lancé notre première gamme anti-âge à base d’huile d’argan et j’ai voulu offrir à ces femmes un bâtiment où se retrouver tout en travaillant pour produire l’amandon d’argan", se souvient le dirigeant. Cet amandon est ensuite pressé chez Argan Bio Export, une société, gérée par des femmes entrepreneures marocaines. "Là encore, nous avons soutenu l’acquisition des presses et des filtres à papier, qui permettent d’extraire une huile prête à être utilisée dans la cosmétique", ajoute l’entrepreneur.

…à un tiers-lieu autour de l’arganier

De fil en aiguille, le projet s’étend. Une école préscolaire ouvre ses portes et accueille une trentaine d’enfants aujourd’hui. Les infrastructures d’accès à l’eau et à l’électricité se développent. Puis viennent une boutique, où les femmes vendent les produits issus de leur savoir-faire – huile, pâte à tartiner locale appelée amlou, objets tissés – et même un restaurant, né de leurs talents de cuisinières. "Parce qu’elles faisaient un tajine exceptionnel, nous les avons aidées à ouvrir leur propre table d’hôtes", sourit Éric Renard. Reconnu "premier village solaire d’Afrique", il se transforme aujourd’hui en véritable tiers-lieu autour de l’arganier.

Le concassage de la noix d’argan est un geste ancestral classé au patrimoine immatériel de l’Unesco — Photo : samir ikhioui

350 000 euros sur 7 ans

Le projet, cofinancé à parts égales avec le groupement Les Mousquetaires, représente un investissement de 350 000 euros sur sept ans. Aujourd’hui, plus de 300 familles vivent directement ou indirectement de cette aventure. Une coopérative de 24 femmes transforme les noix d’argan, deux autres se sont constituées pour développer l’agriculture durable et l’écotourisme, et une pépinière, exploitée par les hommes, produit 1 000 jeunes arganiers par an. L’objectif : replanter jusqu’à 4 000 arbres d’ici 2027, pour renforcer une filière durable et régénératrice.

Une démarche équitable

Pour la PME française, cette démarche s’inscrit pleinement dans sa stratégie RSE, fondée sur la naturalité, l’écoconception et la préservation des filières. "Nous fabriquons nos produits en France, mais nos matières premières sont issues de partenariats durables. Cette filière argan est l’un de nos plus beaux exemples d’impact concret", explique le dirigeant. L’entreprise a pris un engagement de long terme avec ces femmes, qu’elle rémunère à un prix supérieur à celui du marché dans une approche de commerce équitable. "Sachant que pour produire 1 litre d’huile d’argan, il faut environ 5 kilogrammes d’amandons, nous achetons environ 4,5 tonnes d’amandons par an", souligne Eric Renard.

Des retombées sociales et économiques

Dans le village, l’électricité alimente aujourd’hui un château d’eau et des réfrigérateurs, un détail qui illustre l’ampleur du changement : "Une femme m’a dit un jour qu’elle avait pu boire pour la première fois de l’eau fraîche, raconte Éric Renard. C’est ce genre de phrase qui donne tout son sens à notre engagement."

La gamme anti-âge expert à l’huile d’argan de la marque Le Petit Olivier compte une vingtaine de références pour le visage et le corps — Photo : Le Petit Olivier

Côté économique, la démarche a aussi des retombées. La gamme Expert Argan Le Petit Olivier, d’une vingtaine de références, a vu ses ventes progresser de 74 % depuis la création du village solaire, grâce à la transparence et à la traçabilité de la filière, grâce aussi aux opérations solidaires de ventes organisées au sein des magasins Les Mousquetaires.

Ce succès a valu à la Phocéenne de Cosmétique un trophée RSE au Maroc et un FEEF d’or de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France à l’automne 2025, récompensant les collaborations vertueuses entre industriels et distributeurs.

"En sept ans, nous avons construit un quartier et offert une activité à une population entière", résume Éric Renard. La prochaine étape : attirer davantage de visiteurs. Une centaine de touristes ont déjà découvert le village en 2025, entre atelier de transformation d’huile d’argan et dégustation de cuisine berbère.

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