Automobile : Les constructeurs aux petits soins de leurs fournisseurs
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Automobile : Les constructeurs aux petits soins de leurs fournisseurs

À l'instar de PSA, les constructeurs automobiles tirent les conséquences de la crise. Ils veulent éviter la casse des fournisseurs et sous-traitants de tout rang en les aidant.

Pas un peu tard pour se préoccuper de ses fournisseurs automobiles? Pour les constructeurs, l'après-crise est au contraire le bon moment pour rebondir et éviter une nouvelle casse. Yannick Bézard, directeur des achats de PSA, le martèle: «L'engagement du groupe est total en faveur de l'ensemble des acteurs de la filière automobile française.» En visite le mois dernier sur son site valenciennois de production de boîtes de vitesse, il était accompagné du staff d'Agrati, aux petits soins de ce fournisseur de rang1. PSA lance en effet un programme de labellisation, officiellement pour aider ses fournisseurs: 30 à 50en 2011, une centaine à fin 2012 dont la moitié en France. «Nous voulons travailler avec eux dans les usines pour les faire progresser et les amener à l'excellence industrielle», note Yannick Bézard qui évoque par exemple un plan de lean manufacturing. Et de lancer: «Engagez-vous avec nous dans une démarche réelle et sincère!» Antoine Lopez, DG d'Agrati France qui vient de reprendre Acument à Vieux-Condé et Fourmies (40M€), entend le message. «C'est un encouragement à poursuivre nos efforts. À l'heure où les constructeurs doivent faire face à la plus grande crise de leur histoire qui n'est pas finie, s'occuper de ses fournisseurs, des PMI comme nous, n'est pas forcément évident. Nous-mêmes, nous demandons à nos fournisseurs de la performance et du suivi.»




Conditions réunies en 2011 Cette année, plusieurs conditions semblent réunies. «Nous avons la fenêtre parfaite pour le faire. Nous sortons de la crise, nous avons de l'activité et des volumes, donc plus de business pour nos fournisseurs. Il y a la volonté de faire bouger les choses et nous avons aussi une boîte à outils: le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles. Sur 600M€, la moitié est encore disponible pour le rang 1 et 50M€ pour le rang2, à condition d'apporter des bons dossiers», ajoute le représentant de PSA qui dit prendre ses responsabilités. Autrement dit, les fournisseurs qui ne suivront pas risquent fort de se faire évincer. Pour les suivre de près, PSA a nommé des délégués régionaux. Bernard Grandel coiffe le nord-est: «Nous avons le désir de parler aux fournisseurs de rang1 mais aussi directement au rang2 qu'on connaît moins. Mon rôle, avec les pouvoirs publics, est d'aider à la consolidation de la filière.» Sa mission consiste aussi à «détecter des signaux faibles». À Valenciennes, PSA fait travailler 900fournisseurs dont 210de rang1. Le Nord- Pas-de-Calais a une longueur d'avance grâce à une cartographie de tous les sous-traitants.

Géry Bertrande

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