Auto-entrepreneuriat : Le statut irrite de plus en plus l'artisanat
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Auto-entrepreneuriat : Le statut irrite de plus en plus l'artisanat

L'Union professionnelle artisanale (UPA) dénonce les nouvelles exonérations accordées aux auto-entrepreneurs

depuis le 1er avril. L'artisanat a décidément une dent contre l'auto-entrepreunariat. On le comprend alors que de nouveaux dispositifs législatifs le rendent encore plus accessible. Dernier développement en date: les auto-entrepreneurs doivent obligatoirement s'inscrire au répertoire des métiers depuis 1er avril. Pour une durée de trois ans maximum, ils seront néanmoins exonérés de la taxe pour frais de chambre de métiers perçue au profit des chambres départementales et régionales. Ils n'auront pas non plus à s'acquitter des contributions additionnelles destinées à financer la promotion, la communication, la formation professionnelle continue. Dernier atout: les auto-entrepreneurs seront dispensés du stage de préparation à l'installation que les artisans sont tenus de suivre en principe avant de s'immatriculer.




Régime de faveur

Un régime de faveur qui irrite fortement l'UPA (Union professionnelle artisanale). Mariano Pasut, secrétaire général de l'UPA du Morbihan, explique : «Non seulement les auto-entrepreneurs n'ont aucune obligation de justifier d'une qualification type CAP mais ils vont accéder au catalogue de la formation continue. Sans pour autant le financer! L'État s'est engagé à améliorer cette situation mais nous attirons son attention sur le flou juridique qui commence à menacer l'auto-entrepreunariat. Certaines activités vont courir le risque de l'exercice illégal, surtout si elles se pratiquent sans garanties, sans qualifications. Il faut impérativement exclure du statut d'auto-entrepreneur les professions réglementées, en particulier le bâtiment. Ou alors fixer une période de tolérance n'excédant pas les deux ans.»




Bretagne terre d'artisanat

La Bretagne est une terre d'artisanat avec 47.176 entreprises et 124.544 salariés. Le Finistère recense 29,2 % des artisans et le Morbihan affiche la progression en nombre d'entreprises la plus importante (+ 17,5 %). L'artisanat breton voit donc d'un très mauvais oeil l'émergence de cette catégorie de travailleurs qui risquent à terme de lui poser un problème d'image. Car le nouveau statut prolifère (voir encadré), sur fond de crise et de chômage galopant. «Il s'agit pour nous d'une concurrence déloyale des grandes entreprises», affirme Mariano Pasut. «Celles-ci pourraient facilement pervertir le système en dégraissant leurs salariés et en les faisant travailler en tant qu'auto-entrepreneurs.Les syndicats de salariés font le même constat, ils dénoncent l'émergence d'un ?sous-prolétariat?.»

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