Vous venez de publier une étude régionale sur l'ESS, quels enseignements en tirez-vous? Derrière ce secteur, il y a une philosophie, des pratiques, des valeurs,etc. C'est un secteur difficile à approcher par la statistique. Qui y a-t-il finalement derrière l'économie sociale? Nos travaux ont permis de se donner des contours et une manière de faire pour pouvoir comparer. L'ESS résulte toujours d'un croisement entre l'activité économique et le statut juridique, selon quatre familles: coopératives, mutuelles, association et fondations. L'ESS se trouve aussi bien sur des territoires urbains que ruraux, en proximité.
Quelle place tiennent l'ESS en région et le Nord- Pas-de-Calais en France? Dans la région, l'ESS porte 150.000postes salariés, soit 11,4% de l'économie régionale, soit autant que l'artisanat. Notre région se situe au 10e rang des régions françaises. À elle seule, la métropole lilloise rassemble 36% des emplois régionaux de l'ESS, soit 53.426emplois auxquels on peut ajouter 800emplois dans quelque 80établissements d'initiative solidaire; 60% des postes de l'ESS sont dans le seul secteur social et 82% des postes sont dits réguliers, soit dix points de moins que dans l'économie classique. On ne peut pas dire que ce sont des postes précaires, mais plus de petites missions et de temps partiels.
En quoi est-ce un secteur porteur? Depuis 2002, en région, l'ESS enregistre une progression de 17,2% de ses postes de travail, alors que l'économie classique accuse une baisse de 3,7%. Toutefois, nous ne sommes pas sûrs que cette tendance soit aussi marquée sur une période plus récente; on sent qu'il y a de plus grandes difficultés en raison du climat actuel.