Augmentation de la TVA : Entre inquiètude et colère
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Augmentation de la TVA : Entre inquiètude et colère

Pacte de compétitivité Visés par le réaménagement des taux de TVA, les secteurs de la restauration, de l'hôtellerie et du BTP marquent leur crainte de l'avenir.

Le réaménagement de la structure des taux de TVA, effectif à compter du 1erjanvier 2014 dans le cadre du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi, est loin de faire l'unanimité, notamment au sein des secteurs de l'hôtellerie-restauration et des travaux de rénovation des logements où le taux passe de 7à 10%. «C'est l'ensemble des professionnels, salariés et clients qui va être pénalisé, s'insurge Joëlle Pelata, présidente de la branche hôtellerie au sein de l'Umih31. Les répercussions vont être importantes car le projet s'ajoute à d'autres problèmes auxquels nous devons faire face comme les centrales de réservation installées hors de France qui connaissent un essor important. Or nous devons leur verser une commission, calculée sur le TTC, allant de 15à 30%. C'est une double peine dans un contexte où nous devons maintenir des prix attractifs!»




Inquiétude pour l'emploi local

Guy Pressenda, président de l'Umih31, souligne la déstabilisation de la profession alors que les entreprises du secteur ne sont pas délocalisables avant d'insister sur le nombre important d'emplois créésces dernières années : «53.000 en France et nous sommes demandeurs de créations d'emplois!» Des propos confirmés par Sébastien Franjau, restaurateur à la tête de La Cendrée à Toulouse: «Lorsque la TVA a baissé en 2009, il s'agissait de s'aligner sur d'autres secteurs qui comme nous, ont une masse salariale importante. Dans mon cas, par exemple, celle-ci représente plus de 37% du chiffre d'affaires.J'ai également investi ces dernières années, ce qui a permis d'améliorer les conditions de travail et de moderniser notre outil, chose qui nous était reprochée auparavant. Aujourd'hui, on nous fait un faux procès. Certes certains restaurateurs n'ont pas joué le jeu mais c'est loin d'être une généralité. L'augmentation de TVA me déplaît. Reste qu'il faut bien trouver des recettes et que cette fois-ci nous ne sommes pas les seuls concernés.» Ainsi, selon Frédéric Carré, président de la fédération BTP31, la hausse de TVA dessert le secteur: «C'est un nouveau frein pour l'activité alors que nous faisons déjà face à une baisse globale du volume des travaux.»




Crainte d'une recrudescencedu travail illicite

«Les contribuables et les professionnels vont retarder leurs chantiers dans une période où au contraire nous en aurions besoin, poursuit Frédéric Carré. Il faut savoir que le secteur de la rénovation et de l'entretien représente plus de 50% de l'activité.Le tissu économique régional sera forcément touché dans la mesure où nous employons de la main-d'oeuvre locale. Une recrudescence du travail au noir, illicite et illégal est à craindre tout comme la concurrence déloyale des auto-entrepreneurs. Ajoutez à cela le fait que nous sommes déjà confrontés à des problèmes de trésorerie suite à la loi LME qui a réduit les délais de paiement aux fournisseurs.» Les mois à venir s'annoncent cruciaux (voir aussi page 20).

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