Atlantic Seafood : Pourquoi il relocalise en centre-Bretagne
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Atlantic Seafood : Pourquoi il relocalise en centre-Bretagne

L'ENJEU Avec sa nouvelle usine à Lignol, Atlantic Seafood vise l'export et fait preuve de pragmatisme face aux menaces visant sa production en Équateur. Il se rapproche aussi d'un tissu de partenaires industriels morbihannais potentiels.

Face au chômage, il y a urgence à recréer de l'emploi localement. Atlantic Seafood va donc consacrer près de trois millions d'euros à la création d'une usine à Lignol en centre-Bretagne. L'ex-abattoir du groupe coopératif agroalimentaire du Sud-Ouest Euralis a été racheté par l'entrepreneur d'origine basque, basé à La Baule, Patrice Pourquié.Dans un premier temps, il n'y aura qu'une dizaine de personnes à Lignol. «Mais nous espérons bien d'ici cinq à six ans monter à 8.000 tonnes en production à deux huit pour un chiffre d'affaires de 35millions d'euros, avec une trentaine de personnes», détaille Patrice Pourquié.




Thon en poches

Des effectifs sans commune mesure avec ceux déployés au sein de l'usine d'Équateur. «J'ai trouvé des technologies qui permettent d'utiliser moins de main d'oeuvre», remarque Patrice Pourquié, qui investit ici près de trois millions d'euros. En Amérique du Sud, près de 300 personnes produisent 3.500 tonnes par an de thon et morue en poches stérilisées destinées à 60% à l'agroalimentaire et à 40% à la restauration hors domicile. Atlantic Seafood s'y est développé avec un partenaire équatorien, Ideal, qui dispose de quatre bateaux pour la pêche au thon. Une association qui fonctionnait plutôt bien jusqu'à maintenant. Mais plusieurs facteurs poussent Patrice Pourquié à changer son fusil d'épaule.




Une production sous haute surveillance

D'abord, l'accroissement de la demande mondiale pour ses produits, écoulés à près de 40% à l'export, auquel ne peut plus répondre à elle seule la flotte d'Ideal. «Je dois donc diversifier mes approvisionnements», pointe Patrice Pourquié. «Je voudrais stabiliser l'export entre 40% et 50% de mon chiffre d'affaires, c'est une source importante de diversification en termes de marchés, de clients, de produits.» Et puis, le régime douanier va évoluer au désavantage d'Atlantic Seafood. Sans oublier des problèmes de sécurité qui vont en s'accentuant depuis quelques années. «Notre usine équatorienne est entourée de cinq mètres de barbelés, avec en permanence dix personnes, des gens armés. Les convois de marchandises sont escortés. Cela me coûte 400dollars pour trois containers», s'inquiète l'entrepreneur.




Coûts salariaux

L'évolution des coûts salariaux est elle aussi non négligeable. «On est passé par salarié de 60dollars par mois à 680dollars toutes charges incluses. En Équateur, il faut organiser le ramassage des employés, les habiller, leur donner à manger, mettre en place des coopératives médicales...», observe Patrice Pourquié. Atterrir à Lignol va aussi permettre à Atlantic Seafood de se diversifier dans le saumon pasteurisé, bientôt dans les sandwichs du consommateur européen. Avec un niveau de normes qualités lui permettant de devenir sous-traitant. Et de s'appuyer sur un tissu agroalimentaire très actif et les compétences techniques des usineurs locaux. Les travaux de la nouvelle usine de 2.900m² sont actuellement en phase finale. Elle devrait être en pleine production fin décembre.

Atlantic SeaFood



(La Baule) P-dg: Patrice Pourquié Effectif: 330 personnes (dont sept en France) Chiffre d'affaires 2011: 9,01millions d'euros Tél.: 02 51 75 13 13.

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