Atelier Eleouet : Une ébéniste à la croisée des métiers d'art
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Atelier Eleouet : Une ébéniste à la croisée des métiers d'art

Préservation, conservation et restauration, telles sont les trois étapes clés du travail d'ébénisterie de Catherine Eleouet.

Comme beaucoup d'artisans d'art, Catherine Eleouet est une passionnée. Son métier d'ébéniste, elle lui donne une quasi-sensualité: «Le regard et le toucher sont importants. En utilisant tel ou tel vernis, on veut parfois arriver à une douceur proche de celle de la peau d'un bébé!» Installée à son compte depuis 27ans, l'ébéniste grenobloise travaille à 70% pour des particuliers. «J'aime autant les petits meubles que les grands, avoue-t-elle. Le tout est que les objets aient une âme!» Elle vient par exemple de restaurer une statue en bas-relief de l'ancien tribunal de Grenoble, le confessionnal de l'église de Varces et va bientôt s'atteler à la restauration d'un Christ, auquel il manque un pied, de la Cathédrale Notre-Dame à Grenoble. Elle voue en effet sa passion à la préservation, la conservation et la restauration de patrimoine.




En collaboration avec des historiens

«L'idée, c'est qu'un objet qui a 200 ans doit encore pouvoir être là dans 200 ans», explique la professionnelle. Pour cela, il faut bien connaître les matériaux et leurs réactions face aux aléas de leur environnement. C'est le côté technique du métier qui évolue d'année en année. D'ailleurs, Catherine Eleouet se forme environ 200heures par an à la chimie. «Avant de restaurer un meuble qui est décoré d'écailles de tortue, de nacre et autre marqueterie en laiton, il faut connaître leurs propriétés chimiques», explique l'artisan d'art. De même, elle veut respecter «l'imaginaire» de ses clients mais aussi l'histoire de chaque objet. «C'est parfois difficile concède-t-elle. Car il existe très peu d'écrits qui concernent les métiers manuels.» Du coup, Catherine Eleouet travaille en collaboration avec des historiens et des conservateurs de musées. Son activité est à la croisée des métiers d'art: tapissiers, ciseleurs, doreurs, restaurateurs de tableaux, céramistes... Elle collabore aussi avec ces autres professionnels de la restauration. Maître artisan, elle dispose également d'une pièce dédiée aux machines dans son atelier. «C'est un métier assez physique, où nous sommes moins de 5% de femmes, poursuit-elle. D'ailleurs, au début, cela a été difficile de me faire accepter. Mais aujourd'hui, même les compagnons m'appellent. C'est une grande satisfaction.»

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