Lors de la présentation du bilan 2015 et des perspectives de l'aéroport de Toulouse Blagnac, Anne-Marie Idrac, présidente du conseil de surveillance prévoyait un aéroport « plus international, plus moderne, avec un flux plus maîtrisé. » Le président du directoire de l'aéroport toulousain Jean-Michel Vernhes a rappelé que l'année 2015 avait été une année mouvementée pour le personnel suite au changement de gouvernance (vente de 49,9 % des actions au consortium chinois Casil Europe en avril 2015) mais il pressent une période plus rassurante socialement : « Aujourd'hui on met en place nos projets sereinement. »
Croissance en vue pour 2016
En matière de trafic aérien, 2015 a vu une reprise de la croissance de 2 %. L'objectif était de 3,1 % mais les attentats qui ont marqué 2015 ont eu des répercussions directes, notamment sur les vols courants du mois de novembre et sur les destinations Turquie et Tunisie. Pour 2016, l'aéroport prévoit une croissance du trafic de plus 4,7 % pour atteindre les 8,3 millions de passagers. Le segment low cost va gonfler et devrait passer à 30 % des vols, notamment grâce à la récente implantation de la compagnie Voltea et à Esayjet, le deuxième client de la plateforme.
La Chine en ligne de mire
L'aéroport vise aussi une ouverture vers les destinations internationales. « Nous voulons être le point d'entrée de l'Europe du sud pour la clientèle chinoise », explique Jean-Michel Vernhes qui veut accueillir les touristes chinois : La stratégie serait de démarrer par des vols charters en parvenant à attirer un tour-opérateur chinois puis de transformer l'essai en 2018 et passer à des destinations vers de grands aéroports chinois. Le grand enjeu, pour que ces objectifs soient atteints, c'est de défier la concurrence : « Nous ne sommes pas les seuls à viser le marché européen » explique Anne-Marie Idrac qui souhaite « un travail collectif des acteurs privés, publics et semi-publics pour arriver à donner une image forte et simple de la notre nouvelle grande région. » Avec la proximité des Pyrénées, de la Méditerranée, de l'Andorre et de Barcelone, Anne-Marie Idrac veut voir en Toulouse « la porte d'accès vers l'Europe du sud ».
30 millions d'euros d'investissement
Qui dit ouverture à l'international et augmentation du trafic, dit amélioration de l'accueil et de la gestion des flux des voyageurs et de celle des avions. Et donc des investissements. Un budget de 30 millions d'euros sera destiné à l'agrandissement de l'aérogare, au doublement de la surface commerciale, à la modernisation des passages sécurité pour les bagages et autres aménagements destinés à optimiser le parcours des 8,3 M de passagers attendus en 2016. Le projet d'hôtel 4 étoiles va aussi se concrétiser et c'est le NH Hotel group qui sera chargé de son exploitation. Enfin, Jean-Michel Vernhes a abordé le sujet du tracé de la future troisième ligne de métro : « Il ne faut pas que l'aéroport soit une option. Il est indispensable que le métro vienne à l'aéroport. »