Remplacer le vert d’indocyanine, cette molécule fluorescente injectée au patient en chirurgie mini-invasive, par un revêtement polymère appliqué directement sur les instruments chirurgicaux (clips endoscopiques, cathéters, aiguilles, compresses). Telle est l'ambition d'AstraNice, une start-up issue du laboratoire de bio-imagerie et pathologie du CNRS et de l’Université de Strasbourg. Ce principe a convaincu la SATT (société d'accélération du transfert de technologies) Conectus qui accompagne le projet depuis 2018. Incubée par Quest for Health (Incubateur santé du Grand Est basé à Strasbourg), AstraNice compte aujourd’hui plusieurs preuves de concepts précliniques et deux brevets à son actif. Elle espère désormais lever 2 millions d’euros avant la fin d’année pour démarrer ses essais cliniques en 2026.
Les chirurgiens vont pouvoir observer leurs instruments jusqu’à un centimètre de profondeur dans les organes
"AstraNice, c’est la rencontre entre un chercheur, Andrey Klymchenko, et un chirurgien, Michele Diana, l’ancien directeur scientifique de l’Ircad, qui lui avait exprimé un besoin", explique John Volke, troisième cofondateur de l'entreprise venu de chez Biosynex. "Et aujourd’hui, on y est : notre technologie va permettre aux chirurgiens de voir l’invisible. Ils vont pouvoir observer leurs instruments jusqu’à un centimètre de profondeur dans les organes grâce à l’usage de caméras infrarouge dont sont déjà équipés les blocs opératoires qui pratiquent la chirurgie par l’imagerie de fluorescence. Notre revêtement (un polymère dans lequel sont encapsulées des molécules de colorants), 30 fois plus brillant que celui basé sur le vert d’indocyanine, est une véritable technologie de rupture. En matière de précision pour le chirurgien, de sécurité et de confort pour le patient, de simplicité d’usage et de coût", défend John Volke qui précise que la start-up souhaite à terme privilégier la production du polymère à Strasbourg.
Des marques d'intérêt d'industriels internationaux
"Il est utilisable dans tout type de chirurgie, de pathologie, et se dépose sur n’importe quel support : acier chirurgical, silicone, tissu… C’est une technologie d’usage simple, avec un gros bénéfice pour l’utilisateur comme pour le marché", poursuit-il. Le cofondateur d'AstraNice a pu vérifier le bien fondé de ses attentes auprès des médecins et des industriels lors du sommet annuel de l'European Association for Endoscopic Surgery à Maastricht en juin dernier. "Les chirurgiens et les industriels sont alignés sur les besoins. Nous avons déjà eu des intérêts de codéveloppement sur les marchés européen et nord-américain", se félicite John Volke.