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Assurance-vie: encore un bon outil sous réserve de vigilance
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Assurance-vie: encore un bon outil sous réserve de vigilance

Malgré la chute brutale de la "décollecte" enregistrée en 2011, l'assurance-vie reste encore un bon produit de placement à moyen/long terme, à condition de s'informer judicieusement.

— Photo : Scott Graham

Coup de tabac sur l'assurance-vie: les cinq derniers mois de 2011 ont été marqués par une forte "décollecte". Jusqu'à présent support privilégié des Français pour leur épargne à long terme, l'assurance-vie a vu sa collecte nette chuter de 85% à 7,6milliards d'euros l'an passé. Après une collecte nette de 18,1milliards d'euros sur les sept premiers mois, l'assurance-vie a accusé cinq mois successifs de "décollecte", pour un montant cumulé de 10,5milliards d'euros, selon les chiffres de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). La "décollecte" a atteint un niveau record de 3,8milliards en décembre. Au total, sur 2011, les encours ont augmenté de seulement 2%, à 1.362milliards. Les causes de ce désamour: une fiscalité alourdie, une rémunération en repli (en moyenne 3% en 2011 contre 5,3% en 2001) avec des perspectives économiques guère folichonnes qui mettent l'assurance-vie en concurrence directe avec le bon vieux livret A.De nombreux observateurs pointent aussi le problème de la dégradation du pouvoir d'achat qui amène les clients à puiser dans leur épargne pour satisfaire leurs besoins immédiats. L'AFER a par ailleurs constaté une tendance chez ses plus gros épargnants à liquider leurs contrats pour se porter vers l'immobilier.

«Intéressant à moyen-long terme»

«L'assurance-vie reste un placement intéressant dans une perspective d'épargne à moyen/long terme, soutient pourtant Éric Lebrun, conseiller en gestion de patrimoine indépendant à Aix-les-Bains et enseignant en fiscalité et gestion de patrimoine à l'ESC Chambéry. «Les marchés sont historiquement bas et si personne ne peut prédire ce qui va se passer d'ici à un an, il y a quand même de fortes chances qu'ils soient redevenus porteurs avant 20 ans, sinon 10.» L'assurance-vie, oui... à condition d'être vigilant dans les allocations d'actifs des supports proposés. «Parler de fonds en euros, réputés les plus sûrs, est une sorte d'abus de langage puisqu'il s'agit en fait de fonds composés majoritairement d'obligations d'État. Il faut donc être extrêmement attentif à leur constitution: quelle exposition à la Grèce, à l'Italie, à l'Irlande? La sécurité est relative car si l'établissement fait faillite, le capital n'est garanti qu'à concurrence de la garantie de l'État, soit 70.000 €», souligne Éric Lebrun. Quid des unités de compte? «L'intérêt des assurances-vie, c'est qu'on peut diversifier les actifs qui composent le support, avec, par exemple des obligations d'État des pays émergents ou des actions d'entreprises étrangères sur des marchés porteurs. Là encore, tout est une question d'allocation des actifs.»

Attention aux offres "maison"

Problème: les grandes banques et les assureurs proposent souvent des contrats maison constitués de SICAV également "maison" qui ne sont pas toujours d'une lisibilité immédiate. «Si votre banquier ou votre assureur ne peut pas vous détailler les actifs de ces contrats, c'est inquiétant», prévient Éric Lebrun. Et de citer au contraire les contrats dits "patrimoniaux" le plus souvent distribués par les CGPI et les services gestion privée des banques qui répondent justement à cette traçabilité, avec jusqu'à 600 fonds gérés par 200 sociétés de gestion. «L'assurance-vie peut être un outil très pointu qui demande une analyse fine», conclut le conseiller patrimonial.

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