Bien que créée en 2021, la jeune entreprise innovante aubagnaise Askleia en est à ses débuts. Employant aujourd’hui 15 employés, et bientôt 27 après la reprise d’actifs de la société Ipsomedic, la biotech ne commercialise pas encore ses équipements destinés à la production de biomédicaments. Mais elle s’apprête à franchir un cap grâce à une récente levée de fonds de 2,3 millions d’euros, essentiellement auprès de business angels au capital depuis 2022, mais aussi auprès d’un nouvel actionnaire et du fonds iXCor, spécialisé dans les biotech et deeptech.
Une opération menée sous l’impulsion du nouveau président d’Askleia depuis le printemps 2025, Jean-François Hilaire, qui affiche 35 ans d’expérience dans l’industrie pharmaceutique. Ce dernier avait intégré la biotech pour la doter "d’une feuille de route précise, notamment pour convaincre les investisseurs", explique le dirigeant de l’entreprise née sous le nom d’Ipsomel, avant d’être rebaptisée Askleia en référence au dieu grec de la médecine Asclepios.
Optimiser la production de biomédicaments
Une étape décisive pour développer sa technologie brevetée permettant d’optimiser la production de biomédicaments (ARN, peptides, anticorps conjugués, protéines recombinées), qui représentent deux tiers des médicaments en cours de développement dans le monde. Soutenue par le pôle de compétitivité Eurobiomed, Askleia va en effet accélérer la validation industrielle de son innovation de rupture basée sur l’électrophorèse, qui permet de séparer une molécule de son milieu de culture sous l’effet d’un champ électrique. Une purification réalisée aujourd’hui avec une autre technique (la chromatographie), qui représente 60 % du coût de fabrication des biomédicaments.
Une technologie en devenir
"Avec l’électrophorèse, on utilise moins de main-d’œuvre et de consommables, on diminue les coûts d’au moins 50 %, et on évite l’utilisation de solvants, vante le président d’Askleia. C’est une technologie en devenir, qui n’est pas maîtrisée en production industrielle et qui butait sur la formation de bulles qui bouchent les cathéters de l’équipement. Nous avons levé ce blocage."
De nouvelles augmentations du capital
L’heure n’est pas encore à la commercialisation des équipements de bioproduction, espérée en 2030, mais les partenariats conclus récemment (notamment avec l’entreprise girondine bYoRNA) doivent apporter les premiers revenus cette année et de nouvelles augmentations de capital sont d’ores et déjà prévues. "Obtenir 900 000 euros de Bpifrance en 2025 nous a aidés dans la récente levée de fonds. Mais la route est longue et la pente est raide, sourit le dirigeant. Il est urgent de montrer des données de performance pour convaincre les organismes publics de continuer à nous soutenir et les fonds d’investissement de nous rejoindre."
Actuellement, une vingtaine d’investisseurs concourent à "une répartition très diffuse" du capital. Ils pourraient bientôt augmenter leur participation, puisqu’Askleia a besoin de 2 millions d’euros de financement d’ici 2030. À cet horizon, Jean-François Hilaire entend s’appuyer sur une centaine de salariés. Objectif suivant : dépasser les 400 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2040.