En cette année 2026 vous fêtez vos 10 ans, où en est Cocorico ?
Nous avons dépassé le million de produits vendus par an et les 20 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, pour une cinquantaine de salariés entre Bordeaux (où se concentre la direction et les services administratifs) et le Lot, où nous avons notre entrepôt et notre logistique. Nous avons fait en 2025 une très une belle croissance (15 M€ de CA en 2024, NDLR) et entrons dans la cour des grands. Sur internet nous comptons plus de 150 000 clients et cumulons plus de 9 000 références de vêtements made in France (connus notamment pour les sweats, t-shirts, caleçons, NDLR).
Depuis ce mois de janvier 2026, vos produits sont distribués dans des magasins Intersport (3,88 Md€ de CA 2024, 19 000 salariés). Les tests ont donc été concluants ?
C’est la concrétisation d’un projet de deux ans, avec un an de test dans trois magasins Intersport à Oyonnax (Auvergne Rhône-Alpes), Chalon-sur-Saône et Auxerre (Bourgogne Franche-Comté). Nous avons bien performé. Un groupe comme celui-ci regarde le taux de sortie, c’est-à-dire la vitesse à laquelle les produits se vendent ; nous étions dans le haut du panier. Pour l’enseigne c’est le moyen de répondre aux clients qui réclamaient du made in France, de le faire à des prix accessibles — c’est ce qui les a séduits chez nous — d’offrir des nouveautés, qui en plus, parce qu’elles sont fabriquées en France, n’ont pas à être soldées.
Comment s’est passée la démarche à l’origine ?
C’est nous qui les avons démarchés. C’est un groupe intéressant car c’est un groupe d’adhérents. L’un d’eux, Gérard Leclerc (président de la coopérative depuis 2024, NDLR) a accepté de tester nos produits dans trois de ses magasins. Il nous a présentés au siège et aujourd’hui nous sommes référencés. Pour l’instant 55 magasins tentent l’aventure, nous en espérons 100 à 150 d’ici la fin de l’année, et entre 300 et 400 dans les deux ans.
Pourquoi Intersport et pas des magasins en propre ?
Aller sur le retail était une demande de nos clients, en France 80 % des vêtements sont achetés dans des magasins. Notre credo a toujours été l’accessibilité. On la pratique par les prix, nous voulions aussi l’encourager par ce canal de distribution. L’enseigne Intersport est un — si ce n’est le — leader de la distribution textile en France, elle est partout et nous permet d’aller très vite, très fort aux quatre coins de la France. C’était aussi l’occasion de nous confronter dans les rayons à des géants internationaux comme Nike, Adidas et autre, et montrer qu’avec du made in France abordable nous sommes capables de tirer notre épingle du jeu.
D’après vos prévisions, à quel point ce nouveau canal de vente va faire bondir votre chiffre d’affaires ?
Le partenariat avec Intersport devrait représenter 25 à 30 % de croissance pour nous. Pour autant nous ne négligeons pas le web, cela reste notre locomotive, pour lequel nous visons encore 40 % de croissance.
La distribution en magasins aura un impact sur la logistique, comment l’avez-vous anticipé ?
Nous avons travaillé sur notre outil informatique, agrandi notre entrepôt (nous préparons une autre extension), et investi dans des machines pour automatiser les emballages et réaliser des petites opérations de couture. Au total c’est 1,5 million d’euros en 2025. Aujourd’hui nous sommes prêts. Nous avons expédié 450 000 commandes en 2025 et sommes en capacité de monter à 850 000, donc nous n’aurons pas de limitation en termes de volumes pour les deux prochaines années au vu des investissements réalisés.
Quid de votre production ?
Nous avons une quarantaine d’usines en France qui tournent au quotidien pour fabriquer sur le territoire tout ce qui est possible, autrement dit tout sauf la production de coton (tissage, confection, teinture, etc.). Nous les avons prévenues, nous les accompagnons pour anticiper. L’industrie, c’est du temps long pour le sourcing, pour des nouvelles machines, pour embaucher, etc. Nous cherchons de nouveaux partenaires en permanence. Dans tous les cas, nous continuons de nous appuyer sur des savoir-faire existants, nous n’avons pas vocation à fabriquer nous-mêmes.
Démarchez-vous d’autres enseignes pour la distribution ?
En grande distribution spécialisée, nous avons une exclusivité avec Intersport. En parallèle, nous cherchons des partenaires pour nous déployer dans des boutiques multimarques indépendantes. Nous réfléchissons aussi à des boutiques en propre mais ce n’est pas d’actualité.