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Arnaud Edus, un "iron" entrepreneur dopé aux valeurs scandinaves
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Arnaud Edus, un "iron" entrepreneur dopé aux valeurs scandinaves

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Arnaud Edus est le nouveau capitaine à la barre d’Icademie, une entreprise pionnière de la formation en ligne, rachetée par Eureka Education en décembre 2020. Arrivant tout droit de Stockholm, pratiquant l’Ironman à un niveau mondial, il amène avec lui des valeurs de confiance mutuelle et de résistance à l’effort qui sont des atouts pour réussir.

Arnaud Edus, devenu directeur général d’Icademie en 2023, est aussi un champion d’Ironman — Photo : DR

Ces six derniers mois, Arnaud Edus a retrouvé le goût de l’art de vivre à la française. Il a quitté les rives de la mer Baltique, à Stockholm pour celles de la mer Méditerranée en devenant le nouveau visage d’Icademie, une entreprise toulonnaise, pionnière, en son temps, de la formation en ligne, qui a accueilli plus de 5 000 apprenants en 2023 et filiale du groupe Eureka Education depuis 2021. Ce qui n’a pas changé, pour lui, c’est son rythme d’entraînement : "une à deux fois par jour et 7 à 10 heures chaque week-end", confie le dirigeant. Car Arnaud Edus n’est pas seulement un dirigeant d’entreprise, passé par McKinsey, Franprix, les taxis G7 ou encore la start-up suédoise devenue grande, Betao, il est aussi un champion de triathlon.

Un mental d’acier

Sa spécialité : la longue distance, l’Ironman. Il enchaîne 3,8 kilomètres de natation, 180 kilomètres de vélo et un marathon, soit 42,195 kilomètres de course à pied. Il est allé jusqu’aux championnats du monde à quatre reprises, en a terminé trois et espère bien réitérer l’exploit en 2026. "La qualification devra passer par des podiums dans ma catégorie dans un certain nombre de courses du circuit Ironman", précise Arnaud Edus, âgé de 43 ans pour quelques mois encore.

Côté palmarès, il a terminé 98e en 2013, 112e en 2022 et même 17e de sa catégorie, les plus de 40 ans. Il a aussi terminé plusieurs fois dans le Top 20 du championnat de France "longue distance" et son meilleur chrono affiche 8 h 25 d’épreuve, lors de l’Ironman Cozumel (Mexique) en 2021 : 50 minutes à nager, 4 h 23 à pédaler, 3 h 11 à courir. Le plus rapide termine au bout de 7 h 35 et un athlète moyen met entre 10 et 11 heures.

Cette passion pour un sport très exigeant ne l’a jamais quitté, malgré une vie professionnelle bien remplie. "C’est un moyen pour moi d’être un meilleur dirigeant. Dans ma carrière, j’ai dû faire face à des moments difficiles. Avec le triathlon, je me suis forgé un physique et un mental, qui me permettent de résister à une certaine pression", confie le dirigeant avant d’ajouter qu’il n’a jamais eu plus mal qu’au 40e kilomètre du marathon d’un Ironman.

Cette pratique sportive lui offre aussi une forme de sérénité et des valeurs qu’il transmet au quotidien aux personnes avec lesquelles il travaille. Pour lui, la première de ces valeurs est l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle : "Je ne suis pas prêt à des compromis sur certaines choses. Cet équilibre, j’en ai besoin pour être bon dans mon travail. Chacun trouve sa paix et son équilibre dans des activités qui lui sont propres. J’ai choisi une passion, certes un peu extrême, mais les efforts qu’elle demande m’ont toujours permis de relativiser un certain nombre de choses", confie Arnaud Edus.

La Suède, un autre visage de l’Europe

Ce mental d’acier n’est pas la seule de ses qualités pour accélérer le développement d’Icademie, qui a des campus à Toulon, Aix-en-Provence et Paris. De son passage en Suède, cinq années au total, il a ramené dans ses valises une certaine vision de l’entrepreneuriat et du management, qui peut dérouter certains salariés, qui détonne aussi dans le paysage économique français.

Là-bas, ce natif de Belfort a pris goût à la simplicité et à la confiance mutuelle qui irriguent la société suédoise. Il a aussi donné à son parcours professionnel "un peu de couleur", quittant les grands groupes parisiens pour une start-up, Betao, qu’il propulse et qu’il quitte après avoir atteint les 14 millions d’euros de chiffre d’affaires. Fondée par deux frères franco-suédois, Nicolas et Eric Saiget, Betao propose de libérer les entrepreneurs français des contraintes administratives et de les accompagner sur le chemin de la réussite. Lorsqu’Arnaud Edus est contacté par les fondateurs, à la recherche d’un Français pour diriger leur start-up, il décide de tenter l’aventure du grand nord. Une aventure qui se révélera particulièrement riche : "En cinq ans, j’ai appris et grandi de manière phénoménale. J’avais la naïveté de penser qu’au sein de l’Union européenne, nous étions tous pareils. La réalité est tout autre. "

Un chef d’orchestre

Et notamment dans le monde de l’entreprise. D’ailleurs, le site internet de la chambre de commerce France Suède résume bien la perception du modèle suédois qu’a pu avoir Arnaud Edus et qu’il compte bien importer chez Icademie. "La culture d’entreprise en Suède est marquée par des structures organisationnelles horizontales et des dirigeants qui n’hésitent pas à mettre la main à la pâte", peut-on lire au sujet des pratiques d’affaires suédoises sur le site de la chambre consulaire.

"Il y règne une confiance mutuelle, confirme le dirigeant. Cela suppose que chacun est une grande personne, responsable, qui œuvre pour le bien de la société. Le climat est apaisé et la hiérarchie à la française n’a pas lieu d’être."

Arnaud Edus part ainsi du principe qu’il est totalement inutile d’élaborer des règles dans l’éventualité où certains voudraient abuser du système. C’est dans le même esprit qu’il a adopté l’horizontalité et qu’il l’applique : "Je me considère être un collaborateur comme un autre. Mon travail est d’écouter, comprendre, susciter les initiatives de mes collaborateurs qui sont sur le terrain et qui savent. Je suis un chef d’orchestre", explique-t-il.

En jouant sa partition de cette manière, il veut permettre à Icademie (170 salariés, CA : 20 M€) de retrouver les podiums. "En 2006, Jean-Luc Codaccioni a créé et développé l’entreprise comme un visionnaire. Il a été le premier à investir le champ du e-learning. Aujourd’hui, il nous faut moderniser les parcours d’apprentissage, intégrer l’intelligence artificielle dans la pédagogie." Et, il sait que pour offrir un second souffle à Icademie, il pourra compter sur son endurance, mais aussi sur le soutien d’un groupe, Eureka Education.

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