En juin dernier, le groupe de chimie français Arkema annonçait un important projet de développement de sa filière polymère fluoré (PVDF Kynar®) en Europe. Les sites de Pierre-Bénite et de Saint-Auban étaient directement concernés, avec un programme d'investissement de 70M€ visant à restaurer la compétitivité des usines et à augmenter la capacité de production de 50% en 2014. Un plan qui prévoyait le non-remplacement de quinze départs en retraite à Saint-Auban (60 personnes) et ni suppression ni création de poste à Pierre-Bénite (400 personnes hors centre de recherche). D'où la fronde d'une poignée de salariés, menés par la CGT notamment, qui ont empêché la production pendant trois semaines. Arkema s'est retrouvé en déclaration de force majeure vis-à-vis des clients, et la direction a décidé de retirer ce projet. Le préfet de Région a tenté une médiation, refusée par le groupe chimiste qui, habitué à consulter les organisations syndicales, est bien décidé à régler ce problème en interne. Il semble que la décision de l'annulation du programme d'investissement a eu l'effet d'un électrochoc. Le climat social se pacifie. Qui peut se permettre dans un contexte économique plus que tendu, de refuser un programme d'investissement de cet acabit? Surtout quand il s'agit de pérenniser un site industriel déficitaire depuis des années! Le pacte de compétitivité ne doit pas concerner que l'État et les entreprises. Il engage aussi, à leur niveau, les salariés. @email
- LE BILLET