Jeune entreprise fondée en 2018, Ardemo n’a pour autant pas le bois vert. Avec déjà vingt personnes embarquées dans l’aventure, la PME propose des habillages en chêne et en pin pour les bâtiments tertiaires comme les bibliothèques, les bureaux ou encore les écoles. Si elle reste discrète sur son chiffre d’affaires, Ardemo assure être rentable et avec une progression à deux chiffres depuis 2020. "Nous avons posé 17 000 m² l'an dernier, et visons 20 000 m² en 2025", note Benoit Dugast, dirigeant et cofondateur d’Ardemo, qui partage le capital de l’entreprise avec son associé Frédéric Pichaud. Et pour continuer sur sa dynamique, leur entreprise propose maintenant des plafonds en bois de réemploi. Pour ce faire, Ardemo s’appuie sur son voisin nantais Articonnex, négociant de matériaux déclassés ou de seconde main du bâtiment. "Notre ambition est que ces produits représentent environ 30 % de notre production dans les deux ans qui viennent", appuie Benoit Dugast.
Un montage et démontage très rapide
Dans ce secteur des habillages en bois, le marché est en expansion. "C’est avant tout pour un aspect esthétique que ces dalles sont installées et de plus en plus demandées", précise Benoit Dugast. Le secteur reste dominé par un leader incontesté, l’entreprise manchoise Laudescher, implantée à Carentan-les-Marais, spécialiste des solutions architecturales en bois massif haut de gamme (47 salariés). Cette dernière affiche un chiffre d’affaires autour de 12,5 millions d’euros, dont 15 % à 18 % à l’export.
"L’objectif est de se faire une place en tant que petite structure, en étant réactive"
Ardemo se distingue de la concurrence avec un système de pose breveté qui permet un montage et un démontage très facile et rapide. Aujourd’hui lancé sur le marché national, Ardemo a investi dans un nouveau bâtiment en mars 2024, et a également racheté une entreprise de vernissage, Finition 2 000, près des Herbiers en Vendée. Les deux opérations représentent un investissement de 1,2 million d’euros. "L’objectif est de se faire une place en tant que petite structure, en étant réactive, et en répondant aux demandes spéciales comme des hors standards industriels", détaille Benoit Dugast.
Des demandes d’architectes déjà enregistrées
Ardemo avait en tête de se tourner vers le bois de réemploi depuis quelque temps. "Nous commencions à sentir la demande sur les gros projets nationaux", souligne Benoit Dugast. La principale difficulté était d’identifier un réseau de réemploi pérenne. C’est là que l’expertise d’Articonnex, pour identifier les stocks disponibles, entre en jeu. "Nous avons identifié des gisements d’épicéa qui se prêtent bien à nos usages. Des poutres et rebus de fabrication sont coupés pour ensuite faire de petites lamelles pour nos produits", détaille le dirigeant, qui reçoit déjà des demandes d’architectes. Le prix final de ces habillages issus du réemploi est un peu plus élevé, mais la différence sera très faible. "Sur une grosse opération, on pourrait même arriver à un prix similaire", indique-t-il. De quoi suivre la montée en puissance de ce marché, tout en limitant l’impact d’Ardemo sur la gestion forestière.