L’antigaspi du bâtiment. C’est ainsi que se voit l’entreprise nantaise Articonnex. Fondée en 2019, elle visait initialement à aider les artisans à gérer les matériaux neufs inutilisés sur leurs chantiers. Mais en 2021, l’entreprise change de modèle, et se tourne vers les gisements de matériaux des industriels et distributeurs. "Nous récupérons les matériaux neufs issus des surplus de chantiers, ceux qui sont déclassés car non conforme aux cahiers des charges, ou encore les produits issus du réemploi et qui ont déjà eu une première vie", énumère l’un des trois associés et fondateurs, Emmanuel Morel.
Et le pari semble gagnant puisqu’Articonnex a, depuis 2021, multiplié les ouvertures avec deux sites à Nantes, ainsi que d’autres à Rennes, à Vannes et à Angers. Et le rythme s’accélère ces derniers mois. "Depuis septembre, nous avons ouvert à Orléans, au Mans, et à la Roche-sur-Yon. Nous prévoyons également une implantation en janvier à Saint-Brieuc", poursuit le dirigeant. Un agrandissement de 1 000 mètres carrés du second site nantais, à Sainte-Luce, est aussi dans les tuyaux.
Tous les matériaux du bâtiment
Avec aujourd’hui 50 personnes à bord, et une dizaine d’embauches prévues dans les mois à venir, Articonnex (CA non communiqué) porte l’objectif de pouvoir traiter tous les matériaux du bâtiment : du contreplaqué, du carrelage, ou encore des isolants et des appareils de chauffage. "Nous parvenons en général à un prix de 20 à 50 % moins cher qu’un matériau équivalent issu d’un circuit classique", détaille le dirigeant. L’entreprise fait ensuite une proposition de rachat pour tous les matériaux récupérés. "Nous payons car nous ne sommes pas simplement la poubelle des distributeurs", appuie Emmanuel Morel. Sur l’ensemble de ses neuf sites, Articonnex disposera bientôt de 16 000 m² d'entrepôt. "Cette capacité fait notre force", ajoute le dirigeant.
Des ventes aux professionnels et particuliers
Pour la revente, Articonnex s’adresse à tous, autant aux professionnels qu’aux particuliers un peu bricoleurs. "Nous faisons environ la moitié de nos ventes en B to B, et la moitié en B to C. Nous avons un seul prix valable pour tout le monde. C’est plus facile à gérer et ça évite les négociations", analyse Emmanuel Morel. Pour toucher les particuliers, l’entreprise veille scrupuleusement à avoir toujours un bon référencement sur Google, et sur le site Leboncoin, où les bricoleurs adeptes de la seconde main sont nombreux. Elle est également très présente sur les réseaux comme Facebook, ou encore Instagram. Pour autant, les clients d’Articonnex restent proches, dans un cercle à environ une heure de route de chaque site. "Les entrepôts communiquent beaucoup entre eux. Si par exemple un site vend beaucoup d’isolants et pas l’autre, on peut prévoir d’en transvaser entre les deux", expose Emmanuel Morel.
Ouverts à de nouvelles implantations
Au-delà de cette ouverture B to C, Articonnex travaille aussi de plus en plus avec les grands donneurs d’ordre du bâtiment, comme Eiffage, Vinci, ou Bouygues Construction. "Les appels d’offres incitent de plus en plus à intégrer des matériaux issus du réemploi. Notre savoir-faire est de trouver les matériaux qui peuvent être intégrés", poursuit le dirigeant. Articonnex revendique également recevoir de nombreuses sollicitations pour s’implanter sur de nouveaux territoires. "Nous sommes ouverts à d’autres implantations mais nous ne pouvons pas tout faire en même temps", rétorque le dirigeant.
Une croissance rapide sans levée de fonds
Avec autant d’ouvertures de site simultanées, Articonnex est en pleine croissance, digne d’un modèle de start-up. Pour autant, l’entreprise n’a pas eu besoin de lever des fonds. "Nous sommes rentables depuis le début de l’aventure. Nous sommes en location sur tous les sites, et investissons seulement dans les racks et quelques chariots élévateurs, justifie le dirigeant. Nous faisons appel seulement aux banques pour nous financer. Elles nous font confiance car nos premiers sites fonctionnent bien, et que nous remboursons nos précédentes dettes sans souci", appuie le dirigeant.
L’ensemble du capital est ainsi toujours aux mains des trois associés. "Nous gardons la liberté de décider de notre rythme, sans forcément orienter toutes nos décisions vers une rentabilité maximale, ajoute-t-il. Nous voulons créer des emplois pérennes et que les salariés se fassent plaisir". Conséquence de cette politique, Articonnex compte un turnover très faible avec seulement deux départs, pour des voyages, depuis sa création. De quoi bâtir une équipe sur des fondations solides et durables.