Derrière son nouveau bureau, Pascale Azema affiche un large sourire. Celle qui a intégré il y a plus de vingt-sept ans la société aubagnaise Arcanes pour y déployer ses talents de développeuse informatique est désormais présidente de l'entreprise. Cette femme d'expérience et de diplomatie a en effet été choisie par ses anciens collègues pour devenir la nouvelle dirigeante de la société spécialisée dans l'intégration de progiciels de gestion à destination des entreprises régionales. Le résultat d'un processus de transmission peu banal, initié par le fondateur de la société, Daniel Picolet.
Le moment raisonnable
« Je rêvais depuis longtemps d'assurer la continuité de l'entreprise de cette façon, confie-t-il. Pour moi, privilégier une solution de reprise par les salariés permettait de conserver à la fois le modèle de fonctionnement et la philosophie de la société. Car nous sommes une entreprise de services. Notre valeur ajoutée, ce sont les salariés eux-mêmes ». Trente ans après la création d'Arcanes, Daniel Picolet a ainsi décidé de passer la main. « Je ne voulais pas partir trop tard, explique-t-il. C'était, à mon sens, le moment raisonnable. J'ai donné l'essentiel de ma vie professionnelle à cette entreprise. Nous sommes partis de zéro et nous avons bâti une structure solide. Le moment était venu... » Sa décision, le dirigeant n'en a jamais fait mystère. « Ça faisait déjà un petit moment que je disais à mes salariés : "Un jour, c'est vous qui reprendrez la boîte" ». Pascale Azema confirme dans un sourire : « C'est vrai qu'il avait lâché quelques petites phrases dans ce sens... C'est d'ailleurs ce qui a poussé quelques-uns d'entre nous, avec son aval évidemment, à étudier la faisabilité d'une telle reprise, en se rapprochant de banques. Il s'est avéré que le projet était financièrement viable ». Pour avoir une idée de la valeur de son entreprise sur le marché, Daniel Picolet a ensuite utilisé une méthode très simple. « Je suis rentré en contact avec des repreneurs potentiels, afin d'obtenir plusieurs offres, sourit-il. C'est comme cela que nous sommes parvenus à fixer un prix raisonnable, qui tienne compte à la fois de la valeur marché et du potentiel de développement de la société ». La reprise a ensuite été ouverte à tous les salariés d'Arcanes bénéficiant d'un minimum d'ancienneté.
Nouvelle gouvernance
Finalement, dix des dix-neuf collaborateurs de l'entreprise ont décidé de rentrer au capital. « Il n'y a eu aucune hésitation, assure Pascale Azema. Nous avons tous très vite été enthousiastes. Ici, la culture d'entreprise est puissante. Les salariés ont toujours été très impliqués. Cette philosophie est encore plus marquée aujourd'hui ». Le capital de l'entreprise se définit désormais en trois groupes. Selon l'ancienneté et le niveau de responsabilité de chacun, il était en effet possible de reprendre 16 %, 10 % ou 5 % des parts de la PME. Une nouvelle donne capitalistique qui a naturellement généré une structure de gouvernance renouvelée. « S'asseoir derrière le bureau de son ancien patron n'est pas évident, confesse Pascale Azema. Mais tout le monde a parfaitement joué le jeu. Il n'y a aucune situation de blocage avec mes anciens collègues. D'ailleurs, ce sont eux qui m'ont choisie ! Personnellement, je n'avais jamais imaginé devenir un jour chef d'entreprise ». La nouvelle donne a peu à peu été intégrée, à la fois en interne et en externe. « Six mois après la reprise, je suis toujours les conseils avisés de Daniel, et je prends petit à petit la main sur toutes les fonctions managériales, confie Pascale Azema. Je suis plus que jamais confiante quant à l'avenir de la société. Le modèle mis en place est le bon. Nous sommes sur une dynamique très positive ».
Arcanes
AubagnePascale Azema19 salariésCA : 3 M€Résultat net : 100.000 €www.arcanes-informatique.com