Casques, lunettes, chaussures de sécurité, bottes, gants, protections auditives, vêtements haute visibilité, masques chirurgicaux, charlottes, blouses, surchaussures et pyjamas : voici la liste des équipements de protection individuels (EPI) et tissus sanitaires à usage unique (TSUU) désormais récupérés par Keenat. Connue pour sa collecte de mégots via les bornes Ecomégots depuis 2016, puis de chewing-gums à partir de 2023, la PME girondine s’ouvre à un nouveau marché.
Testé chez Vinci, Fayat, Bouygues…
"Cela fait un an et demi que nous travaillons dessus, explique Erwin Faure, président et fondateur de l’entreprise à mission. Depuis plusieurs mois, nous testons le dispositif avec Vinci, Fayat, Bouygues, des fabricants…" Keenat y déploie des box de recyclage pour détourner tous ces produits de l’enfouissement.
"Parmi eux, certains sont effectivement hors d’usage (sales, déchirés, cassés), d’autres pâtissent juste de dates de péremption imposées par la loi." Keenat les récolte, les trie, les lave, les déchiquette, les broie, les passe au tamis, bref les prépare au recyclage. "Nous avons ensuite des prestataires qui vont en faire tantôt des plaques de signalisation, tantôt de nouvelles bottes. Les exutoires varient selon les multiples matières." Ce qui ne se recycle pas (comme les gants) sera valorisé en énergie dans un incinérateur.
10 % de l’activité
Cette nouvelle branche pourrait représenter 10 % de l’activité dès cette année. "Nous ne nous sommes pas fixés d’objectif précis, explique le dirigeant. Nous avons investi en R & D et en identification de débouchés, mais pas en matériel ; les machines que nous utilisions pour les masques — expérimentés depuis le Covid — fonctionnent pour les textiles et plastiques. Nous ne sommes donc pas pressés par certaine rentabilité."
Cherche local désespérément
Keenat est en revanche contrainte de trouver, et vite, de nouveaux locaux. "On se fait sortir de nos locaux par Bordeaux Métropole qui veut les récupérer." Installée à Talence, Keenat cherche activement plusieurs centaines de mètres carrés à investir dès juin ou juillet et se dit prête à quitter la métropole bordelaise.
L'entreprise à mission compte aujourd’hui 25 collaborateurs, dont 10 ETP en insertion. Ils gèrent 1 200 clients en France, Espagne, Allemagne et Belgique, qui ont passé pour 3,5 millions d’euros de commande en 2024. L’essentiel de son activité provient de sa branche mégots. Keenat vise 4,5 millions d’euros de commande en 2025, en espérant dépasser les 3 millions d’euros de chiffre d’affaires.