APPIM : « On ne travaille pas assez avec l'industrie du 13 »
# Industrie

APPIM : « On ne travaille pas assez avec l'industrie du 13 »

Dernière année de mandature pour le président Daniel Sfecci pour qui l'avenir de l'Association des Partenaires pour la Promotion de l'Industrie Méditerranéenne (APPIM) doit s'écrire à l'échelle régionale. Bilan et perspectives...

L'APPIM a 20 ans. Qu'a-t-elle apporté à l'industrie des Alpes-Maritimes ?
On est passé d'une industrie austère où chacun se sentait tristement seul à une économie de BtoB, avec une connaissance accrue du périmètre industriel azuréen et des relations humaines fortes. Ses trois présidents ont successivement apporté leur pierre à l'édifice. Jean-Pierre Savarino a lancé la machine, avec la création du Forum Industria pour mettre en lumière le savoir-faire azuréen. Bernard Kleynhoff, lui, s'est attaché à favoriser le développement endogène à travers une relation à l'autre plus ouverte avec, notamment, les Rencontres Business. Pour ma part, j'ai orienté ma mandature vers la mise en place de synergies pour développer le CA de nos membres. Des actions comme Cap Indus ont permis de les faire monter en gamme et de les familiariser avec les règles des grands donneurs d'ordres type TAS ou Schneider. Ce travail a porté ses fruits. Par exemple, il a permis à Gravic de trouver de nouveaux marchés et de relocaliser une partie de sa production.

L'APPIM n'est toutefois pas représentative de toute l'industrie azuréenne, lui échappe le pôle des parfumeurs et plus largement des sciences du vivant. Est-ce un regret ?
Je m'étais fait l'obligation d'y arriver pendant ma mandature. Mais, je ne perds pas espoir qu'avant le 31 décembre quelques parfumeurs nous rejoignent. Il est vrai que les Grassois n'ont besoin de personne, ils ont le savoir-faire, la technologie, les marchés et la renommée, mondiale qui plus est. D'où, peut-être, leur absence de collaboration à l'échelle départementale. C'est dommage car si la collaboration est intéressante quand on démarre une activité, elle l'est aussi quand on veut la faire perdurer. Le territoire met des moyens à leur disposition, il faudrait qu'ils rendent la pareille pour que le tissu industriel local soit reconnu à sa vraie valeur. D'autant que ceux qui interviennent lorsque leurs outils tombent en panne, ce sont des adhérents de l'APPIM.

Quel sera la suite ?
Après avoir intégré cette année l'Est du Var, il faut qu'on arrive à étendre notre concept à l'échelle régionale. L'objectif étant d'être visible et de créer des synergies. Le département des Bouches-du-Rhône est une grande place industrielle, et pourtant elle ne représente même pas 1% de mon CA (Daniel Sfecci dirige SJD Décolletage, ndlr). Ce n'est pas normal. Plutôt que de multiplier les salons pro aux quatre coins de la France, pourquoi ne pas faire en sorte que l'industrie azuréenne devienne un acteur majeur du développement des grosses unités provençales. On a tout intérêt à travailler ensemble. Tout CA généré entre nous constitue une force de frappe supplémentaire vis-à-vis de la concurrence européenne.

Ce sera la feuille de route de votre successeur ?
Je ne veux surtout pas faire ce qui se passe dans d'autres terres où les présidents sortants estiment devoir faire la feuille de route du président entrant. Je dis juste, et c'est l'approche du conseil d'administration, que l'ouverture me semble obligatoire, tout comme la préservation de ce relationnel qui fait que les discussions sont instantanées, rapides, efficaces. Comment cela va-t-il être piloté ? Au travers de quelles actions ? Ce sera au prochain ou à la prochaine présidente de décider.

# Industrie