APPIM : « Nos entreprises sont assez fortes pour dépasser les clivages territoriaux »
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APPIM : « Nos entreprises sont assez fortes pour dépasser les clivages territoriaux »

Réseau. Daniel Sfecci rempile pour un nouveau mandat de trois ans à la tête de l'APPIM, l'association des partenaires pour la promotion de l'industrie méditerranéenne.



Le projet Horizon 2016 entend donner une autre orientation à l'association en privilégiant l'ouverture. L'APPIM se sent-elle à l'étroit sur le territoire azuréen ?

Non, pas du tout, mais l'économie aujourd'hui ne peut plus être que territoriale. La région devenant l'entité de référence, il me paraît nécessaire que l'APPIM s'y déploie. Dans le cas contraire, on deviendra un petit club d'échange dans lequel on aura plaisir à se retrouver, mais c'est tout ! Pour aller plus loin, il faut de l'ambition et élargir notre champ d'action, en commençant par la création d'une entité autonome dans le Var. Notre modèle fonctionne, il est plébiscité et économiquement rentable, ce serait dommage de ne pas le dupliquer.


Pourtant, d'aucuns vous prédisent quelques difficultés, notamment du côté de Marseille...

Certes, mais je suis convaincu que l'identité de nos entreprises est suffisamment puissante pour dépasser les problématiques d'identité territoriale. Nous avons une valeur économique dans cette région, travaillons ensemble pour la mettre en avant.


Vous lancez également l'idée d'un réseau des réseaux. Qu'entendez-vous par là ?

Il est difficile de toucher les 3.800 entreprises industrielles de ce département. Beaucoup nous échappent car elles sont intégrées dans d'autres clubs ou réseaux azuréens. Je ne tiens pas à faire du recrutement, loin de là, mais ces entreprises ne nous amènent pas leur problématique, leur savoir-faire et leur vision qui nous permettraient peut-être d'aller plus loin ensemble. En passant par les têtes de pont, vecteurs de l'information, on pourrait y arriver. Cela suppose d'avoir un très bon chef d'orchestre, rôle que la CCI a accepté de jouer.


Ne serait-ce pas également un moyen de donner une représentativité plus forte au secteur industriel sur un territoire où l'image touristique continue de prévaloir ?

C'est exact. Dans les Alpes-Maritimes, 10 milliards d'euros ont été dégagés par l'industrie en 2013, 12 milliards par le tourisme. Nous ne sommes pas si loin. Et pourtant, nous avons encore besoin de nous battre pour être vu. Nous avons une industrie d'excellence. Le tout, c'est qu'elle le reste.


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ndustria, l'événement phare de l'APPIM est amené à évoluer. Dans quel sens ?

À l'origine, Industria était un terrain de prise de contact et de visibilité

. Mais depuis deux ans, elle devient un terrain de business. Schneider y a signé une de ses plus grosses commandes de l'année 2013. Moi-même, dirigeant d'une petite entreprise de décolletage, j'y ai initié des premières commandes avec deux industriels locaux. Au regard de cette nouvelle donne, Industria doit-elle rester cette formidable vitrine de l'industrie azuréenne, ou prendre un caractère plus business ? Nous ne sommes pas des philanthropes. Il s'agit donc désormais de réfléchir à la façon d'articuler le salon pour prendre en compte ce nouveau positionnement.

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