Le créateur
Benoit Roué a créé Anzar en février 2024, dans le domaine de l’imagerie hyperspectrale. Deux investisseurs l’accompagnent, qui rejoindront la jeune pousse un peu plus tard : Zakaria Guelilia et Laurent Collet. "Je sens qu’il y a quelque chose à faire avec cette technologie", explique le dirigeant, désormais Costarmoricain puisque le siège d’Anzar se situe à la technopole Anticipa, à Lannion. Benoit Roué, né à Lesneven (Finistère), a fait ses études à Grenoble, avant de faire carrière dans le domaine de la R & D en imagerie et en intelligence artificielle. Il a notamment passé trois ans à Paris, chez Thalès, puis un an à Brest et quinze ans à Rennes, en tant que chargé d’affaires à l’université de la ville. Avant Anzar, il avait déjà créé une entreprise en 2011 dans la sécurité de l’information, avant de revendre ses parts.
Le concept
Anzar développe une technologie permettant d’optimiser l’imagerie hyperspectrale grâce à l’utilisation de l’Intelligence artificielle. Il travaille avec l’Institut d’électronique et des technologies du numérique (IETR), un laboratoire public de recherche qui est présent en Bretagne (Lannion, Saint-Brieuc, Rennes et Coëtquidan) et en Pays de la Loire. L’idée est de développer cette solution d’intelligence artificielle dans l’imagerie hyperspectrale pour détecter des signatures uniques plus précisément (avec le géoréférencement) et plus rapidement. "Nous pourrons détecter une maladie de plante, par exemple, avant même qu’elle soit visible", explique Benoit Roué. Anzar se trouve actuellement en phase de R & D, de collectes de data et de tests terrain, en collaboration également avec l’organisme de recherche appliquée en agriculture Caté, basé à Saint-Pol-de-Léon (Finistère). Parallèlement, la TPE réalise des prestations comme de la R & D, de la topographie, des calculs et des prises de vues par drone. Elle est soutenue par Anticipa, la Région, BPI, Initiative Trégor et Nokia.
Les perspectives
Le premier marché visé par Anzar est celui de l’agriculture, pour détecter notamment des maladies de plantes ou un manque d’eau. La jeune pousse se trouve en contact avec une grosse coopérative bretonne et avec les Cuma (coopératives agricoles de mise en commun de matériel). Ce premier logiciel, adressé à ce secteur, devrait être commercialisé avant la fin de l’année. Les clients directs seront les acteurs de la détection, notamment les dronistes.
Le produit sera vendu sous la forme de licence d’utilisation mais l’offre pourrait se doubler d’une prestation de droniste ou prendre la forme d’un abonnement. Le second marché qui sera attaqué est celui de la Défense. Le logiciel d’Anzar pourrait permettre de détecter de manière automatique et sécurisée des risques nucléaire, radiologique, biologique, chimique ou explosif. La solution dédiée pourrait être disponible en 2025 ou 2026. En attendant, une première preuve de concept devrait être présentée dans les prochains mois au Ministère de l’Intérieur. Le marché de la maintenance des sites industriels pourrait également être adressé en 2026.
Dès cette année, Anzar devrait s’installer dans ses propres locaux, à Lannion, pour être proche de Référence Drone, installée à l’aérodrome de la ville. La TPE devrait également recruter un technico-commercial fin 2024 et un stagiaire encadré par l’IETR et un jeune docteur en 2025.