Enensys Technologies : de 2 à 10 M€ En 2006, encore startup d'à peine deux ans, Enensys Technologies employait huit personnes et ambitionnait 1,8 million d'euros de chiffre d'affaires, qui s'était finalement élevé à 2,2 millions cette année-là... Dix ans plus tard, ils sont une cinquantaine - le premier salarié Anthony Gauffriaud vient de recevoir une médaille - pour dix millions d'euros de business, qui pourrait encore doubler dans les trois ans. La société, toujours pilotée par son fondateur Régis Le Roux, a même fait bâtir à Cesson-Sévigné son propre siège social sur 800 m², qu'elle vient tout juste d'agrandir de 500 m². Un investissement de 900.000 euros pour une capacité de 80 postes. De quoi grandir encore... « Nous avons démarré dans un couloir, se souvient-il. Comme quoi, ils mènent à tout... » Sa nouvelle extension va abriter ses ingénieurs en R&D, organisés désormais en business units. Son métier d'origine n'a pas changé : concevoir des équipements de transmission de flux vidéo vers les mobiles : le multimètre de l'ingénieur TV numérique. « Notre ADN reste la technologie. Dès le départ, nous étions aussi à l'international qui représente 80 à 90 % de notre activité », confie Régis Le Roux qui vient de décrocher un gros marché en Afrique pour Canal+ pour déployer sa nouvelle offre de TNT payante « Easy TV » dans les pays francophones. En février 2006, Enensys bouclait aussi sa première levée de fonds de deux millions d'euros. « Nous n'en avons fait aucune autre depuis, sourit fièrement son dirigeant. Nous nous développons en auto-financement. » Il n'oublie pas cependant l'année noire de 2009... « Nous étions la première entreprise de l'Ouest à se placer en redressement judiciaire sans cessation de paiement. La dette était gelée pour préserver la trésorerie. Tous nos projets importants avaient été glissés ou stoppés... Nous avions dépassé les 50 emplois, il nous fallait restructurer. Il valait mieux mettre un genou à terre, c'était un acte de gestion. Nous nous en sommes sortis par l'innovation et la norme DVB T2 sur laquelle nous avons gardé une longueur d'avance. » Sur 12 ans, Enensys a généré « dix ans de rentabilité », avec un résultat net autour de 15 % que son dirigeant, épaulé par Guenhael Le Roch aux finances, aimerait porter à 20 %. « Aujourd'hui, notre rentabilité est la clé de notre liberté ! » Et leur avenir est à l'international. « En 2015, nous avons vendu dans 52 pays différents. Nos équipements sont des maillons clés de la chaîne. » Enensys travaille actuellement sur des équipements intelligents, capables d'adresser du contenu personnalisé au téléspectateur selon sa zone géographique.
Jean-Marc Guyot : d'Embedia à Enensys
Un autre entrepreneur figurait parmi ces patrons qui osent dans notre première édition : Jean-Marc Guyot. À l'époque, il venait de créer Embedia (revendue à l'Américain Silicon Labs, comme filiale française, et qui existe toujours à Rennes). Il a aujourd'hui rejoint... Enensys, comme vice-président de la business unit division télécom.
Néo-Soft : vers un géant aux 900 emplois...
Toujours aux manettes de sa société de développement web et SaaS, et d'intégration de systèmes informatiques, qu'il détient à 90 % (Soïg Le Bruchec en a 10%), Laurent Florentin l'a bien développée. En 2006, Néo-Soft c'était 32 salariés à Rennes, quatre à Nantes et un premier chiffre d'affaires de trois millions d'euros. Il prévoyait déjà 60 recrutements... « En 2016, nous devrions atteindre les 58 ou 59 millions d'euros », annonce Laurent Florentin qui va atteindre les 900 emplois dont 200 à Rennes, 130 à Paris, 100 à Nantes, 75 à Toulouse, 60 à Lyon, 50 à Aix-en-Provence, 20 en Tunisie (depuis deux ans)... Il a aussi des plus petites équipes à Limoges, Bordeaux, Niort, Tours et Orléans. « Notre modèle de management est un peu atypique », reconnaît-il s'opposant au tout intérim de certains confrères. Chez Néo-Soft, pas de période d'essai, pas de mobilité en délégation de personnel chez le client ! Ils s'appellent Orange, BPCE, PagesJaunes, La Poste, AG2R, Macif, Maaf, Delta Dore, Boiron... Ses ingénieurs, eux, travaillent à la maison Néo-Soft, qui a d'ailleurs créé un nouveau centre technique et siège de 2.000 m² rue de Fougères, à Rennes, à l'été 2014. Entreprise responsable, elle fait partie des trois ESN (sur 1.700) à détenir le label RSE Lucie, renouvelé il y a un mois. Néo-Soft espère décrocher l'Iso 27001 « avant l'été ». En 2015, le groupe a entièrement renouvelé son parc informatique avec postes cryptés : 350.000€ investis. Prochaine phase : « Il faudra aller à l'international en 2017-2018 », confie Laurent Florentin qui se tournera d'abord vers l'Europe. « Notre objectif à deux ans est de consolider et rentabiliser tous nos investissements. » En 2013-2014, ils ont forcément détérioré sa rentabilité, remontée à 2,5% de résultat courant en 2015, « année de transition » (CA +13%). En 2016, il doit encore grimper à 5-6%.
Evodia : reprise par Benoît Jeannin et devenue Script&Go Yvan Ridé, créateur d'Evodia en 2005 à Rennes, est parti vers d'autres horizons professionnels. Dès la création de l'entreprise, qui se spécialisait dans le traitement de l'écriture manuscrite en ligne, il avait collaboré avec Benoît Jeannin. C'est lui qui, en 2011, a repris Evodia. Il renomme alors l'entreprise Script & Go. Elle fête cette année ses cinq ans, et porte toujours le même objectif : développer les tablettes équipées de stylets. De quatre personnes en 2006, l'entreprise est passée à 17 salariés. Et de 120.000€ de CA, elle approche désormais le million d'euros ! Avec une progression de plus de 40% en un an, elle est profitable. Une croissance due notamment à la signature de contrats avec des grands comptes du BTP, auxquels Script & Go propose un logiciel de suivi de chantier. Pour distribuer ses logiciels à l'international, l'entreprise vient d'ouvrir un bureau au Canada. Les activités de Script&Go se scindent aujourd'hui en deux : les logiciels de mobilité professionnelle et, depuis peu, le projet e-education IntuiScript (vous pouvez télécharger une version d'essai gratuite de ce cahier numérique pour l'écolier dédié à l'apprentissage de l'écriture sur tablette sur
www.intuiscript.com). Ces deux activités vont prochainement être séparées afin de se développer sur leur propre marché. Une filiale e-education va donc voir le jour.
Il y a dix ans, ils faisaient la Une du premier numéro du Journal des entreprises d'Ille-et-Vilaine, sous le titre : « Ils osent tout... et ça marche ! » Que sont devenus ces « jeunes patrons » ? Comment leur entreprise a traversé la décennie ? Tour d'horizon.