Après six mois de fermeture, Marineland rouvre ses portes. « Ces six mois n'ont pas été de trop pour remettre en état les installations », reconnaît Arnaud Palu, le nouveau directeur, arrivé en janvier 2016 après avoir quitté son poste de P-dg de MAF Leisure & Entertainment à Dubaï (qui exploite notamment la fameuse piste de ski des Emirats). Dans la nuit du 3 au 4 octobre 2015, la Brague, rivière si paisible d'ordinaire, se déchaînait, grossie par les pluies torrentielles. Balayant tout sur son passage, une vague haute de deux mètres, déferlait sur la commune de Biot laissant sur son passage boue, gravats, branches et troncs d'arbre. Les 25 hectares de Marineland, à proximité, ont été submergés à 90%, en quelques minutes. Que sont devenus les 4.000 pensionnaires et les 40 espèces du premier parc animalier marin d'Europe ? « Grâce à l'appui des pompiers du SDIS et à la mobilisation des équipes, la plupart des animaux ont pu être mis à l'abri », assure Arnaud Palu. Il y a pourtant eu des pertes, les occupants de la petite ferme ont payé un lourd tribut et quinze jours après le sinistre, l'orque Valentin a tiré sa révérence.
Un chantier titanesque
Pendant six mois, il a fallu tout remettre en état. Un chantier titanesque alors que le groupe espagnol propriétaire du parc, Parques Reunidos, venait d'investir près de 30 M€ sur trois ans pour faire de Marineland un resort exemplaire avec un hôtel trois étoiles, inauguré quelques mois plus tôt, et de nouvelles animations comme l'Odyssée des tortues ou l'extension du lagon. Pas moins de 58 entreprises, tous corps de métiers, ont été mobilisées pour effacer les traces du désastre. Sur le coût des travaux nécessaires, les propriétaires de Marineland restent pour le moment discrets, « les dossiers sont entre les mains des assureurs », plaide Arnaud Palu. Du côté des équipes, tout le monde est resté sur le pont pour s'occuper des animaux. Le parc, qui emploie 160 personnes en CDI, n'a procédé à aucun licenciement malgré la fermeture de six mois. « Certains employés, mis en disponibilité, ont bénéficié de formations », précise le directeur.
Mettre l'accent sur la pédagogie
La réouverture du parc, effective le 21 mars pour la majeure partie des installations, s'accompagne d'un nouveau positionnement. « Nous allons mettre l'accent sur le caractère pédagogique des activités, proposer des ateliers, expliquer, accompagner les spectacles par des vidéos pour mieux faire comprendre le comportement des animaux », explique Arnaud Palu. Trois mots résument cette nouvelle stratégie : « apprendre, découvrir et s'amuser ». Marineland compte s'appuyer sur sa fondation, créée dans le prolongement du Centre de recherche pour la conservation qui existe depuis 1998, pour mettre en avant les actions menées en faveur d'une meilleure connaissance de la biodiversité marine.
Les "anti" montent au créneau
D'aucuns ne manqueront pas de voir là des programmes alibis pour contrer les campagnes qui depuis plusieurs mois mettent en cause l'existence même d'un parc qui maintient en captivité des animaux marins. Trois associations ("Réseau-Cétacés", "C'est Assez !" et "ASPAS") ont ainsi déposé plainte, en décembre 2015, auprès du tribunal de Grasse contre l'entreprise et ses dirigeants pour actes de cruauté et maltraitance envers les cétacés. « Nous n'avons reçu à ce jour aucune communication à ce sujet », assure Arnaud Palu qui se dit prêt à engager le dialogue. « Les parcs marins doivent évoluer », reconnaît-il tout en défendant l'apport d'acteurs comme Marineland à la conservation des espèces. Le public pourrait bien jouer les arbitres. En moyenne le parc reçoit 1,2 million de visiteurs chaque année. Seront-ils toujours au rendez-vous ?
Marineland
(Antibes) Dirigeant : Arnaud Palu CA 2014 : 40 M€ 160 personnes à l'année, 800 en saison Tél. : 04 93 33 55 77 a.palu@marineland.fr