Tout a été dit, écrit, twitté, facebooké, autour des ignobles et lâches attaques terroristes à Paris. Ainsi va la vie d’une société en 2015 où l’émotion s’amplifie sous l’effet des réseaux sociaux. Comment pourrait-il en être autrement quand l’obscurantisme et l’inculture conduisent à des actes aussi insensés que le massacre d’innocents lors d’un concert ou devant des cafés ? Mais une fois cette émotion passée, une question taraude : comment agir ? Y compris dans l’entreprise. Le Medef a déjà édité un guide des bonnes pratiques sur le fait religieux en entreprise. L’organisation patronale a intelligemment poursuivi après les attentats en constituant des groupes de travail. Mais certains, comme Geoffroy Roux de Bézieux, veulent aller plus loin. « Une entreprise citoyenne c’est une entreprise qui intègre mais c’est une entreprise qui dénonce aussi le basculement. » Voilà ce que disait le vice-président du Medef au lendemain des attentats au sujet du radicalisme religieux. Et d’inciter les chefs d’entreprise à « déceler des signes avant-coureurs », en citant en exemple un salarié « qui refuse de travailler sous les ordres d’une femme ou de serrer la main d’une femme. » Dans ce cas précis, toujours selon Geoffroy Roux de Bézieux, « le devoir du chef d’entreprise, après avoir fait les remarques nécessaires, c’est de signaler à la police ce comportement. » Vous vous imaginez, vous, aller au commissariat de quartier parce que l’un de vos salariés refuse de serrer la main d’une autre salariée ? Le code du travail n’est-il pas assez riche pour devoir ainsi s’en référer à la Maréchaussée ? On reproche souvent aux politiques de faire de la surenchère au gré de l’actualité. À se comporter de même, les représentants des chefs d’entreprise ont tout à y perdre, en premier lieu leur crédibilité. L’émotion c’est bien, mais c’est mieux quand elle fait rapidement place à la réflexion.
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Par Philippe Créhange rédacteur en chef