Algae Green Value : Développer la culture de micro-algues en région
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Algae Green Value : Développer la culture de micro-algues en région

Green Business La société Algae Green Value, basée à Vannes, se lance dans un concept inédit en France : proposer aux agriculteurs méthaniseurs d'utiliser la chaleur générée pour produire de la spiruline. Une micro-algue utilisable par l'agro-industrie.

Philippe Signes, le président d'Algae Green Value, n'est pas peu fier devant son site témoin, au Moustoir-Remungol. Dans l'exploitation agricole de Jean-Marc Onno, la société a élaboré un système de récupération de la chaleur émise par le méthaniseur pour chauffer des bassins d'eaux. Dans ces derniers prolifère la spiruline, une micro-algue des pays chauds qui, une fois récoltée, peut être séchée pour être vendue à l'industrie agroalimentaire, cosmétique, etc. « Notre concept, c'est de proposer un contrat gagnant-gagnant avec les exploitants agricoles. Nous leur vendons la technologie, puis nous leur rachetons la production de spiruline. C'est d'autant plus intéressant pour eux qu'en utilisant la chaleur du méthaniseur, EDF les récompense en leur attribuant une prime à l'efficacité énergétique. » Les débouchés ? Ils sont multiples : la cosmétique, la nutrition, notamment animale. Algae Green Value étudie avec In Vivo (basé à Saint-Nolff) une labellisation par le pôle Valorial dans le but d'établir un projet collaboratif. Sur le site du Moustoir, 250 m² de bassin sont en action. Un second bassin entre en fonction début juillet, portant la surface à 500 m². Les premières récoltes de spiruline sont rassurantes et « des échantillons sont déjà envoyés aux laboratoires et aux industries




».






8 millions d'euros de chiffres d'affaires d'ici 2015

Pour le moment, l'entreprise compte 6 salariés. Créée en juillet 2011, Algae Green Value dépend de sa société mère : Green Value SAS. Cette dernière a récemment levé un million d'euros de fonds pour amorcer le départ de sa filiale exploitante de fermes à micro-algues. « Au total, nous disposons de 2 millions d'euros de fonds propres, levés en trois opérations. Nos actionnaires sont des particuliers (environ 80) », précise Philippe Signes. La société ne dégage pas encore de chiffre d'affaires, mais elle compte bien générer ses premiers revenus d'ici à l'année prochaine. « Nous tablons sur 5 millions d'euros de chiffres d'affaires pour 2014, puis 8 millions en 2015 ».




Des pistes dans le maraîchageet les déchets

D'autres pistes de développement sont à l'étude. La société prospecte du côté de l'entreprise Charier, à la Vraie Croix, qui traite et stocke des déchets industriels. Si elle récupère déjà la chaleur émise par ses installations, une part de cette énergie est inutilisée. Philippe Signes réfléchit donc à une production de micro-algues, fonctionnant selon le même principe. « Selon nos calculs, on pourrait envisager 5.000 m² de bassins. » Même idée de développement avec des serres maraîchères hors-sol, pour rentabiliser l'utilisation des structures dans les périodes de l'année où les cultures se font en pleine terre.




Marché concurrentiel

La spiruline présente sur le marché provient majoritairement d'Asie. « Nous revenons de Chine, où nous avons visité des installations. La capacité de production est phénoménale (environ 1.000 tonnes par an à l'export) mais la qualité du produit laisse à désirer. Les sites de productions ne sont pas couverts, ce qui laisse beaucoup d'éléments parasites dans les bassins. Ils n'effectuent quasiment pas de contrôles qualité », précise-t-il. « Notre carte à jouer, c'est un produit de qualité, fait en région et qui créé de l'emploi. Bien sûr, notre produit sera plus cher, mais le marché est là. Et c'est l'occasion de faire naître une véritable filière au coeur de l'industrie agroalimentaire et agricole. »

ALGAE GREEN VALUE



(Vannes) Président : Philippe Signes Salariés : 6 personnes 09 77 65 62 01

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