Alexandre Wahl : « L'export est une priorité pour l'AD Normandie »
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Alexandre Wahl : « L'export est une priorité pour l'AD Normandie »

A la tête de l'agence de développement de Normandie (ADN), Alexandre Wahl veut faciliter la recherche de marchés à l'export pour les entreprises normandes. Il promet aussi simplification et réactivité aux chefs d'entreprises.

Comment l'AD Normandie (ADN) couvre-t-elle le territoire normand ?

Alençon, Cherbourg, Le Havre, Dieppe, Evreux, Gisors, Rouen et Caen... La dimension territoriale de l'AD Normandie est vaste. Il est bien évident que ce n'est pas avec une cinquantaine de collaborateurs que l'on pourra assurer une proximité auprès des entreprises. Donc, on se met dans un double positionnement avec d'abord la possibilité de nous appeler ou de nous déplacer sur site. En complément, nous nous appuyons sur un réseau de partenaires territoriaux, principalement les CCI, pour assurer cette proximité essentielle, dans des champs d'intervention comme la création/transmission pour les TPE. Une proximité aussi à travers l'articulation entre les conseillers des CCI territoriales, des Chambres des Métiers, de la CRESS (Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire, Ndlr) ou encore de la Chambre régionale d'agriculture pour répondre au mieux aux besoins.




Y a-t-il une volonté d'égaliser les territoires ?
Si nous voulons atteindre de manière aussi efficace Dieppe qu'Alençon nous devons doter nos équipes du même potentiel d'intervention pour les deux parties du territoire. C'est là où est l'équilibre. Les deux implantations Rouen et Caen, ce n'est pas une manière de répondre à une problématique politique, c'est une manière de répondre à une problématique géographique et d'équité de traitement sur l'ensemble des territoires de la région.




L'export constitue-t-il l'une de vos priorités ?

Oui, c'est l'une de nos priorités car c'est là où sont les marchés potentiels. Au-delà du marché intérieur, une part importante de la croissance se fait à l'international. C'est pourquoi nous avons voulu simplifier les modalités d'accès du soutien à l'export en lien avec CCI International et BPI, à travers l'aide « Impulsion export ». D'ailleurs toutes nos aides s'intitulent « Impulsion » afin de rendre notre offre plus lisible. C'est une aide qui marche déjà bien car 35 dossiers ont été déposés dès la semaine de lancement. Il y a beaucoup d'attente et beaucoup de besoins qui jusqu'à présent n'étaient pas couverts.



La Région fera-t-elle du lobbying pour aider les entreprises à l'international ?


Le président Morin souhaite que les élus représentent aussi la dimension économique de la région en étant pro-business, pas simplement dans leur bureau mais en mouillant la chemise en allant à l'étranger avec des entreprises.



Quels sont les premiers déplacements prévus ?


Russie, Iran, Taïwan, Corée... On va aller dans ces pays car des marchés ont été identifiés. En Russie, l'invitation qui nous a été faite concerne le domaine agroalimentaire. Mais nous nous déplacerons également pour promouvoir une image de la Normandie et la rendre plus attractive à l'étranger.



Comment seront sélectionnées les entreprises ?


Nous regarderons les entreprises qui ont déjà une action dans les pays concernés par un déplacement. C'est une démarche moins intéressante pour ceux déjà bien implantés dans le pays visité mais plus efficace pour ceux qui commencent à explorer un marché. L'objectif est de faciliter le business.



Pourquoi avoir souhaité une gouvernance renforcée par des chefs d'entreprises ?
Nous en attendons un effet corde de rappel, pas dans le sens où elle est nécessaire lorsque l'on tombe mais plutôt comme un élastique qui nous ramène plus proche du terrain. L'essentiel est d'être le moins hors sol possible. C'est notre danger à tous. Il y aura une vingtaine de personnalités issues du monde de l'entreprise, provenant de tout type d'entreprise, dans ce directoire consultatif.

Quelles sont les ambitions du nouveau fonds Normandie participations ?
L'ambition est de ne pas être un fonds comme les autres. C'est d'intervenir là où la main invisible d'Adam Smith n'intervient pas et de permettre que les opérations se fassent si l'initiative privée ne le fait pas. C'est être là dans certains cas où la prise de risques est trop importante pour les banques ou les autres fonds d'investissement.

Quels seront les fonds partenaires ?

Fimalac, Raise, Archea, les banques d'affaires aussi. Dès l'instant où nous aurons des opérations intéressantes, nous leur proposerons d'investir avec nous et vice versa car c'est le vice versa qui est important. La dimension psychologique du fonds est aussi importante. Beaucoup d'entreprises viennent nous voir car le fait d'avoir la Région dans son capital est un signe, c'est porteur de valeur, de dynamisme, de structuration territoriale, et puis cela peut rassurer des investisseurs. Au total, depuis la création du fonds, nous avons déjà une centaine de dossiers déposés, de la start-up en amorçage à la grosse entreprise en développement. Notre volonté est d'accompagner dans la durée avec des investissements de l'ordre de 100.000 € à plusieurs millions d'euros. Nous serons un investisseur patient, l'objectif n'est pas de ressortir avec un taux de rendement important, mais quand l'entreprise n'a plus besoin de nous.

Les démarches du chef d'entreprise seront-elles facilitées ?

Simplification et réactivité, c'est la promesse de l'ADN, avec un délai court de deux mois pour obtenir une réponse après dépôt du dossier. On voit qu'il y a de l'attente pour cette nouvelle agence. On est passé de la curiosité à l'emballement.

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