Quel est le rôle d'un commissaire au redressement productif?
Il faut tout d'abord souligner que le ministère du Redressement productif signe le retour d'un ministère de l'industrie de plein exercice. C'est un symbole fort. L'industrie n'est pas un gros mot mais au contraire un secteur sur lequel il faut que l'on mise. Il n'y aura pas d'économie forte maintenue sans base industrielle. Or le phénomène de désindustrialisation est accéléré par la crise et la France est en perte de vitesse...
C'est pourquoi le ministère veut venir en aide aux entreprises en difficulté. Pour cela il s'appuie sur une équipe de conseillers nationaux, au sein du Ciri, le Comité interministériel de restructuration industrielle, qui s'adresse aux entreprises de plus de 400 salariés, et sur les commissaires au redressement productif, pour dupliquer ce dispositif, y compris auprès des entreprises de moins de 400 salariés. Mon rôle est donc d'anticiper et de prévenir les difficultés. Cela ne se fait pas seul, mais avec un réseau de partenaires. Les tribunaux de commerce et les chambres consulaires apportent des conseils aux entreprises ayant des difficultés avérées. La Banque de France et les services fiscaux permettent de repérer les impayés et de détecter les problèmes. Notre rôle est aussi d'accompagner les entreprises pour envisager telle ou telle solution à un problème, élaborer un plan de reprise ou encore appuyer un administrateur judiciaire dans ses discussions avec une banque ou des investisseurs.
En Rhône-Alpes, vous avez décidé d'aller au-delà de ce rôle défensif. Pourquoi?
En effet, nous avons décidé de nous éloigner de cette épure et d'inclure l'accompagnement des entreprises qui ont des projets de développement. Nous avons adopté une politique proactive de développement économique car il existe en Rhône-Alpes un phénomène de renouvellement industriel. Nous pouvons aider les entreprises en recherche de fonds propres, sur des questions de réglementation ou encore pour des plans de recrutement... L'information est centralisée ici mais les entreprises viennent nous voir spontanément, par le biais d'un des partenaires que sont Oséo, la CDC, la Direccte, la Dréal, la Draaf, la DRFIP, la Banque de France ou la préfecture...
Concrètement, comment actionnez-vous le réseau?
Nous nous réunissons tous les quinze jours
et balayons la liste des entreprises, avec pour chacune d'elles un référent ou chef de file. En moyenne nous avons une quinzaine d'entreprises en "stock". Ce mode de travail existait déjà en Rhône-Alpes, nous utilisons donc des outils qui fonctionnent bien et complétons le dispositif par la réactivation de cellules de proximité de veille et d'anticipation des difficultés.
CONTACTS Redressement productif:
- Commissaire régional :
@email 04 26 99 82 77.
- Délégué
départemental Loire: Patrick Férin, secrétaire général de la préfecture de la Loire, 04 77 48 48 48