Deux ans et demi auront été nécessaires à Safra, spécialisée dans les prestations d'équipement, de rénovation, d'aménagement et de maintenance lourde d'autobus, métro et tram, pour développer Businova, son premier autobus électrique multi-hybride. « Si les voitures électriques ou hybrides se développent, pour les autobus l'offre n'existait pas alors qu'il y a un besoin du côté de nos clients. Nous sommes donc partis d'une feuille blanche, raconte Vincent Lemaire, le président de Safra. Il fallait être capable de concevoir un véhicule propre en terme environnemental, prendre en considération le coût économique, c'est-à-dire une capacité de passagers importante, une autonomie suffisante pour assurer un service tout au long d'une journée, etc. Au final, l'équation était assez lourde. Sachant qu'un véhicule tout électrique nécessiterait énormément de batteries, nous avons opté pour un autobus électrique mais avec un moteur thermique. » Investissement : quatre millions d'euros. Pour mener à bien son projet, Safra a structuré son bureau d'études qui compte aujourd'hui quinze personnes et a collaboré avec des industriels tels qu'Actia.
Premiers utilisateurs :Albi, Toulouse et Gaillac
Alors que la PME travaille sur l'homologation de Businova, Safra a déjà trois commandes de véhicules. Les premiers autobus multi-hybrides devraient circuler dès 2014 dans les rues d'Albi, Toulouse et Gaillac. « Ces premiers contrats régionaux sont une bonne vitrine pour le marché national, poursuit le dirigeant. Sur les 1.500 autobus immatriculés chaque année en France, l'idéal serait d'en fournir 150. L'enjeu est également international puisqu'à part un véhicule chinois totalement électrique, il n'y a pas d'autre produit sur le marché. Nous visons d'abord l'Europe et notamment la zone ibérique, l'Allemagne, les pays nordiques et l'Angleterre. »
Des perspectivesde croissance significatives
L'entreprise qui compte 160 salariés aujourd'hui prévoit la création de 200 à 250 emplois directs sur Albi. « Lorsque nous arriverons au stade de fabrication de 100 autobus par an, une centaine de personnes sera nécessaire en atelier et au moins autant sur les fonctions attenantes », prévoit Vincent Lemaire avant d'ajouter : « Une dynamique est en train de se mettre en place autour des entreprises industrielles. Après avoir connu un certain rejet, les métiers de l'industrie recommencent à être attractifs. C'est important car nous devrons recruter des jeunes. »
Des enjeux nationaux
Des perspectives de croissance partagées par Jean-Luc Maté, président du cluster midi-pyrénéen Automotech : « Safra fait certainement partie des entreprises qui ont le potentiel le plus important pour franchir la barrière du passage de PME à ETI. Et c'est par l'innovation que cela est possible. Aujourd'hui la création du cluster pour soutenir et développer la filière automobile en région nous permet d'accéder aux projets nationaux. D'ailleurs, la Plate-forme de la filière automobile (PFA) doit annoncer prochainement les thématiques des projets dans le cadre du programme Véhicule du futur. Le coût brut R&D estimé est de plus de 800 millions d'euros. Les entreprises de la région ont les moyens d'y prendre part. »
Safra
(Albi) Dirigeant : Vincent Lemaire 160 salariés CA 2011 : 16 M€ 05 63 48 42 42 www.safra.fr