Alain François : Faire face à la hausse des céréales
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Alain François : Faire face à la hausse des céréales

L'enjeu Quelles solutions pour la SAS Alain François, spécialiste du foie gras de canard, pour faire face à la hausse du coût des matières premières?

«La hausse du coût des matières premières nous impacte de manière très importante», souffle Alain François, président de la SAS Alain François, qui commercialise des foies gras et des viandes de canards abattus à Solipag, son abattoir de Bouaye. «Les aliments comptent pour un tiers du prix de revient d'un canard», explique l'entrepreneur ligérien. Sa problématique du moment, c'est que le cours du blé a doublé en un an, passant de 120€ la tonne, à plus de 240€. «Pour nous, l'année à venir risque d'être extrêmement difficile. Du fait que l'on est organisé en filière, nous absorbons intégralement la hausse des prix», ajoute t-il. L'entreprise qu'il a créée il y a dix ans achète en effet les canetons pour les faire grandir par des éleveurs puis gaver chez des gaveurs. Un canard avale 25kg de grains (maïs, blé, soja) au cours de sa vie, et l'entreprise en fait abattre plus de 730.000 par an. Le manque à gagner provoqué par la hausse du prix des céréales peut donc peser très lourd dans le chiffre d'affaires de la SAS Alain François. Et la sécheresse annoncée pour l'été ne va pas améliorer la situation...




Recherche d'économies

Face à cela, Alain François «ne peut pas répercuter cette hausse des prix sur nos producteurs. C'est à nous d'avoir des réserves pour tenir le choc». Employant 65 salariés pour 15M€ de chiffre d'affaires, l'entreprise «a été bénéficiaire chaque année depuis dix ans, sauf en 2007. Aujourd'hui, c'est notre excédent brut d'exploitation qui fond. Au mieux, nous finirons avec un résultat nul. On peut se permettre de perdre de l'argent un an ou deux, mais pas plus», prévient le dirigeant. Mais celui-ci n'a pas non plus dit son dernier mot. «Aujourd'hui, nous sommes tous sur le pont pour chercher des économies dans l'entreprise. On essaye déjà de jouer la carte du local au maximum, pour réduire les coûts de transport, par exemple. Nous demandons à nos éleveurs-qui sont tous basés dans un périmètre de 60km autour de Nantes-d'avoir de plus grands lieux de stockage. Qu'il s'agisse pour un camion de transporter 10 tonnes ou 25 tonnes, le coût ne variera pas beaucoup si c'est fait en une fois. Et pour nous, il y aura une vraie économie. D'ailleurs, j'ai dans l'idée, à moyen terme, d'acheter moi-même les céréales de mes éleveurs pour avoir une meilleure traçabilité mais aussi diminuer les coûts». Outre ces questions de logistique, l'équipe d'Alain François réfléchit actuellement à l'optimisation de ses process internes. L'installation de matériel plus performant permet ainsi de réduire les coûts de fonctionnement. «Nous travaillons aussi à l'amélioration de la qualité du foie gras pour mieux vendre nos produits et ainsi sortir du lot», indique le chef d'entreprise.




L'export

Commercialisant ses produits crus auprès de conserveurs, d'industriels agroalimentaires et de grossistes, Alain François cherche enfin à se développer à l'export, où l'entreprise réalise d'ores et déjà 20% de son chiffre d'affaires (en Europe, en Asie et aux Émirats Arabes Unis). L'idée du dirigeant est de «travailler davantage avec la grande distribution, sachant qu'aujourd'hui, les grandes surfaces vendent nos produits via nos clients grossistes. Cela va nous permettre d'améliorer notre marge», conclut-il.

SAS Alain François



(Bouaye) Président: Alain François 65 salariés 15M€ de CA 02 51 70 50 10

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