Sylvain Legoux est décidément un ambitieux... doublé d'un entrepreneur entêté. « Des qualités essentielles pour réussir dans le business. Il faut être exigeant et s'accrocher à son projet si l'on veut le voir grandir », sourit ce quadragénaire effilé, autrefois ingénieur en microélectronique chez Seb, Thomson Multimédia ou encore Grosfillex... et aujourd'hui, à la tête de « sa merveille », dit-il. En l'espèce, une florissante PME de 53 salariés (CA 2014 : 30 M€), qu'il a créée il y a 9 ans sur les bords de l'A42, à Ambérieu-en-Bugey, au coeur de l'Ain. Depuis, Sylvain Legoux lui consacre toutes ses longues journées et de nombreux week-end. « J'adore ça, j'ai toujours voulu créer une entreprise. C'est mon stimulant ». Le nom de cette " merveille ", qui sonne (presque) comme celui d'une célèbre bière belge : OOGarden. Une marque qui « claque » et ne s'oublie pas. « Dès la création de l'entreprise, j'ai pensé au marché internet européen. Il me fallait un nom " anglophone " et tendance », précise don P-dg. Ce fut donc OOGarden... Le concept : proposer sur internet et sur différents lieux d'exposition (showrooms) adossés aux entrepôts de l'entreprise et répartis aujourd'hui entre Chateau-Gaillard, Nantes et Lille, l'essentiel de ce qui compose l'extérieur d'un habitat. Soit des tables, des abris, des portails, des outils de jardinage mais aussi des barbecues, des jouets d'extérieur pour les enfants et même... des niches et croquettes pour chiens et la vente (depuis quelques mois) de poules vivantes acheminées depuis la Bretagne ! Et pendant la saison froide : des pelles à neige, des éclairages, des décorations de Noël, etc. Bref, un formidable " supermarché ", avec quelque 6.000 références sur catalogue, de la maison en plein air...
Campagne publicitaire nationale
Une structure qui n'a jamais connu la crise, relève son fondateur qui veut désormais la propulser dans le club des grandes enseignes du continent, capable d'afficher à terme un chiffre d'affaires de plusieurs centaines de millions d'euros. Rien de moins. « Nous avons toujours été en croissance : 100 k€ la première année, puis 1 M€ la seconde, 3 M€, la troisième et jusqu'à 30 M€ en 2014 ». L'homme anticipe déjà, pour l'exercice en cours, une augmentation de chiffre d'affaires de quelque 40 %. « Un objectif quasiment assuré au vu des résultats du premier trimestre », sourit Sylvain Legoux qui vient par ailleurs de mettre 500 k€ pour s'offrir une campagne publicitaire nationale en cours de diffusion, pilotée par l'agence parisienne Publicis. « Un investissement conséquent mais essentiel à notre stade de développement. Il s'agit pour nous de monter en puissance sur les trois marchés les plus dynamiques d'Europe que sont la France, la Belgique et l'Allemagne. Il nous faut acquérir de la notoriété ». Une nécessité alors que OOGarden a lancé en 2013 une déclinaison Web, façon pure-player, pour ces deux derniers marchés.Mais le chemin est encore long. « Entre nous et Castorama par exemple (CA 2014 : 3,4 Md€, Ndlr), il y a en effet un vrai gap », reconnaît le chef d'entreprise, lucide. Et pour réduire ce fossé qui sépare la PME de Ambérieu-en-Bugey des géants du secteur, l'homme envisage d'agrandir son réseau de showrooms dès 2016. En région PACA d'abord, près de Marseille avec un entrepôt de 6.000 m² et un showroom de 400 m², complété possiblement par des lieux d'exposition annexes dans cette région. « Nous pensons aussi ouvrir une filiale en Allemagne. C'est à l'étude. En tout cas, il y a, dans ce pays comme en France et en Belgique, de la place pour un nouveau grand acteur de la filière », veut-il croire.
Le modèle Décathlon
Cette conviction, un autre serial entrepreneur rhônalpin la partage... depuis longtemps. Pierre Colmart qui dirige le fonds La Financière de la Rochette (et plusieurs SCI lyonnaises) est en effet entré au capital de OOGarden dès 2008 à hauteur de 400 k€. « Cet homme a une énorme expérience, il sait parler aux banques. C'est mon premier appui », confie Sylvain Legoux. Une entrée au capital qui a été suivie en 2012 par celles des fonds Aquasourça (créé par Sophie Defforey, fille du fondateur des hypermarchés Carrefour) et Sofimac Partners, à hauteur de 4 M€. Des nouveaux fonds qui ont permis à l'enseigne de se développer en maintenant un important stock disponible sur ses différentes localisations. Prochaine étape ? Adopter une forme de modèle Décathlon, espère Sylvain Legoux, qui reste encore majoritaire dans l'actionnariat. « Devenir ainsi des incontournables, parce qu'innovants, du secteur ». Affaire à suivre.
Ooogarden
(Ambérieu-en-Bugey)
Dirigeant : Sylvain Legoux
53 salariés
CA 2014 : 30 M€
www.oogarden.com