Agroalimentaire : La Lorraine innove sans fin
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Agroalimentaire : La Lorraine innove sans fin

Coup de projecteur sur l'agroalimentaire lorrain, à l'occasion de la première édition dans l'Est du Carrefour des fournisseurs de l'industrie agroalimentaire (20 au 22octobre à Metz). Le secteur, qui pèse 5Md€ dans la région, perpétue une longue tradition d'innovation en s'appuyant notamment sur deux piliers: le Pôle agroalimentaire lorrain et l'Ensaia. Les «gros», comme Saint-Hubert ou Alsa France, côtoient des PME dynamiques, qui n'hésitent pas à s'associer dans des projets, pour avancer et faire face aux changements des habitudes alimentaires et à la concurrence des géants du secteur. Dossier réalisé par Guénola Rivière et Matthieu Leman

À l'occasion de la première édition dans l'Est du Carrefour des fournisseurs de l'industrie agroalimentaire, qui aura lieu du 20 au 22octobre à Metz, nous nous sommes penchés sur ce secteur. En Lorraine, l'agroalimentaire représente 500établissements, dont 90% de PME, pour un chiffre d'affaires estimé à 5Md€, dont 1Md€ à l'export. 15.000salariés y travaillent, toujours selon les chiffres de l'Association des industries agroalimentaires de Lorraine (Aial). Dans ce secteur peu cyclique, aux marges généralement faibles et aux produits parfois vieux comme le monde (dont certains sont nés dans la région, comme le baba, la levure en sachet ou la quiche lorraine), l'innovation peut être un problème. Alors qu'elle est une obligation, du fait de la concurrence des géants du secteur et au moment où les habitudes de consommation sont défavorables à l'alimentaire.




L'exemple de Végafruits

Prenons l'exemple de Végafruits, basée à Saint-Nicolas-de-Port. L'union de coopératives travaille un «vieux produit», la mirabelle, dont on ne peut attendre aucune évolution botanique. Le fruit est, qui plus est, particulièrement capricieux, peu adapté à l'industrialisation, et sa commercialisation ne dure que quelques semaines. Résultat, l'entreprise dirigée par Bruno Colin (CA 2008 de 5,4M€) a l'impérieuse mission d'innover. Et elle le fait. En 1997, elle a investi 2M€ dans un atelier de surgélation, réalisée au coeur du verger. En 1999, Végafruits a lancé un nouveau packaging, réalisé en interne: un petit panier de fruits frais de 750g, qui a été rajeuni cet été.




Première européenne

Ce mois-ci, la PME lancera la gamme Cracky fruits, snack de fruits lyophilisés destiné à une clientèle jeune et urbaine. Une innovation marketing, technologique et sensitive qui constitue, selon Bruno Colin, «une première en Europe avec des fruits 100% naturels». Le produit, qui surfe sur le «manger équilibré», pourrait générer 500.000€ de CA, voire un million rapidement. Côté B to B, l'entreprise réalise depuis 2008 une huile de noyaux, en partenariat avec le laboratoire Cognis, destinée au secteur de la cosmétique.




Deux piliers de l'innovation

L'histoire de Végafruits est exemplaire, mais elle n'est pas isolée. L'innovation est une réalité dans l'agroalimentaire lorrain, comme l'ont prouvé récemment Saint-Hubert (Saint-Hubert léger et 100% nature), Ireks France (Hallygrain), Bloch société nouvelle (gamme Block box), Cookal (alcoolat aromatique), Fruitis (poudre de fruits) ou encore la Maison de la mirabelle (whisky Glenrozelieures). Un dynamisme qui s'explique notamment par l'activité du Pôle agroalimentaire lorrain (qui regroupe le Critt Agria Lorraine et l'Aial) et de l'Ensaia, qui participent de près ou de loin, tant à la conception des produits qu'à la mise au point de process, la recherche de marchés ou de financements. La majorité de ces innovations faisant de l'agroalimentaire lorrain un secteur en mouvement.

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